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La guerre au Soudan a privé plus de 8 millions d’enfants d’accès à l’école, soit près de la moitié des enfants en âge scolaire du pays, a averti l’ONG Save the Children. Ces enfants ont passé 484 jours sans fréquenter de classe, une période d’interruption scolaire qualifiée de la plus longue au monde, dépassant même les fermetures observées lors de la pandémie de Covid‑19. Le phénomène se traduit par des écoles fermées Soudan à grande échelle et une crise éducative qui s’aggrave chaque jour.
Une crise éducative sans précédent
Les combats entre l’armée soudanaise et les forces de soutien rapide, déclenchés en 2023, ont entraîné des destructions massives d’infrastructures et le déplacement de millions de civils. En conséquence, de nombreuses écoles ont été fermées définitivement, d’autres détruites ou réquisitionnées comme abris pour les déplacés.
La situation est particulièrement dramatique au Darfour. Dans l’État du Nord‑Darfur, où la plupart du territoire est sous contrôle des forces de soutien rapide, seulement 3 % des plus de 1 100 écoles restent en activité. La prise de contrôle d’Al‑Fashir par ces mêmes forces en octobre dernier a renforcé leur emprise sur la région.
Par ailleurs, le conflit s’est étendu aux régions voisines du Kordofan. Dans l’Ouest‑Kordofan, seuls 15 % des établissements scolaires fonctionnent actuellement, selon l’ONG. Les interruptions de paiement des salaires ont également poussé de nombreux enseignants à abandonner leur poste, aggravant l’effondrement du système éducatif.
Impacts concrets et risques pour une génération
Sur le terrain, les conséquences sont multiples et immédiates. Outre la perte d’instruction, les enfants sont exposés à des risques accrus de violence, de recrutement forcé et de privation de services de base.
- Écoles fermées ou détruites, réduisant l’accès à l’enseignement formel.
- Établissements transformés en refuges pour les déplacés, empêchant la réouverture des classes.
- Enseignants contraints de quitter leur emploi suite à la suspension des salaires.
- Recrudescence des attaques visant des infrastructures civiles essentielles, notamment hôpitaux, marchés et écoles.
- Augmentation du risque de recrutement d’enfants par les belligérants et de « militarisation » des communautés.
Avertissements des organisations internationales
Inger Ashing, directrice générale de Save the Children, a lancé un avertissement sévère : l’absence d’investissement dans l’éducation risque de laisser toute une génération prisonnière d’un avenir gouverné par les conflits plutôt que par les opportunités. Ses propos soulignent l’urgence d’une réponse internationale pour préserver le droit à l’éducation.
De son côté, le Haut‑Commissaire aux droits de l’homme a dénoncé la multiplication des attaques ciblant les infrastructures civiles et a tiré la sonnette d’alarme sur la « militarisation » croissante des communautés et la hausse du recrutement d’enfants dans le conflit. Ces développements accentuent la détérioration du tissu social et compromettent durablement les perspectives des jeunes soudanais.
Dans ce contexte, la réouverture des écoles et la protection des enfants exigent des mesures immédiates et soutenues : sécurisation des établissements, versement des salaires aux enseignants, et accès humanitaire renforcé. Faute d’intervention rapide, le Soudan risque de voir s’enraciner une crise éducative dont les effets se feront sentir pendant des décennies.