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Violences sexuelles dans le porno : Témoignages choc des victimes

par Sara
France

Dans un contexte où les violences sexuelles dans l’industrie pornographique sont de plus en plus mises en lumière, des témoignages poignants de victimes soulèvent des questions cruciales sur la protection des personnes impliquées dans ce milieu. L’ouvrage *Sous nos regards* met en avant des récits bouleversants d’une réalité souvent ignorée.

Le parcours d’Emilie

Ce soir-là, Emilie, une femme de 32 ans, revient de la laverie. Elle s’installe sur son canapé, avec sa petite chienne à ses côtés. Elle se sert un verre de Coca, prend une profonde inspiration, puis une cigarette, cherchant du courage. Avec la publication de *Sous nos regards*, elle se sent *« moralement fatiguée »* à l’idée de raconter son histoire une fois de plus. Emilie est l’une des 42 plaignantes de l’affaire French Bukkake, son récit étant celui de longues heures de viols filmés, révélant une vie marquée par les violences.

Un refuge au milieu de la douleur

Emilie a transformé son appartement francilien en un refuge, soigneusement décoré, après avoir fui des violences conjugales. Les abus sexuels ont débuté à l’âge de 8 ans, lorsqu’un professeur de CE2 a suspecté un inceste paternel. Un procès s’ensuit, aboutissant à la condamnation du père, qui se suicide quelques années plus tard. À 11 ans, elle commence une vie sexuelle précoce avec un jeune homme de 19 ans, une situation alors non condamnée par la loi. Sa vie est par la suite émaillée de violences sexistes et sexuelles, même dans des contextes où elle s’attendait à trouver de l’aide, comme avec un policier qui lui envoie des messages inappropriés après avoir déposé une plainte.

Un système de prédation

Emilie date le *« début du renouveau »* à 2020, lorsque son téléphone sonne avec un numéro inconnu. Elle craint d’être intimidée par ses agresseurs, mais c’est un gendarme qui a découvert son identité lors d’une perquisition dans le cadre de l’affaire French Bukkake. Elle ressent enfin qu’elle est crue. Elle décrit un système de prédation, où les victimes sont considérées comme du *« gibier »* par leurs agresseurs. Avec le gendarme, elle retrace son parcours, de sa précarité à ses interactions avec des individus exploitants sous des prétextes d’amitié.

Une réalité troublante

Julien D., sous le pseudonyme d’Axelle Vercoutre, propose à Emilie des tournages de vidéos pornographiques, mais ne respecte aucune de ses conditions. Au cours d’un tournage, elle subit des actes sexuels extrêmes de la part de plusieurs hommes, dans des conditions traumatisantes. Elle explique : *« J’en ai honte, mais je n’arrivais pas à payer le loyer, les courses. »* Sept ans plus tard, elle lutte toujours avec un sentiment de culpabilité. Elle se décrit comme une *« survivante »* et *« combattante »*, cherchant un sens à son expérience tout en essayant de reconstruire sa vie.

Les conséquences et la lutte pour la justice

Après le deuxième tournage, les images de ses abus dépassent les frontières, la poursuivant dans sa vie quotidienne. Elle évite les transports en commun et se retrouve confrontée à des regards insistants dans la rue. Emilie aspire à une vie de stabilité, rêve de voyager et de fonder une famille, tout en questionnant la sécurité de ses futurs enfants dans un monde qu’elle perçoit comme dangereux. *« Avec le procès en approche, je me dis : est-ce que ça vaut le coup de faire des enfants pour les laisser dans ce monde de monstres ? »*

Un témoignage nécessaire

Emilie espère que son témoignage contribuera à faire évoluer les mentalités. Elle redoute cependant le procès, consciente des préjugés auxquels elle sera confrontée. Elle continue de se battre pour avancer, cherchant à survivre au quotidien, tout en restant en contact avec d’autres victimes. Leurs échanges lui apportent un peu de réconfort, bien qu’ils rappellent aussi la douleur qu’elles partagent.

Ce témoignage met en lumière une réalité méconnue de l’industrie pornographique, posant la question de la responsabilité sociétale face aux violences sexuelles. Les récits d’Emilie et des autres plaignantes ne doivent pas rester sans écho.

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source:https://www.liberation.fr/societe/droits-des-femmes/violences-sexuelles-dans-le-porno-on-nest-pas-des-actrices-on-est-des-proies-20250409_4FRF7HMT2FHDVGOUJ5SC6DYI5I/

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