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Zelenskyy dénonce pression US et exige garanties de sécurité

par Sara
Ukraine, États-Unis, Russie, Suisse

Lors de son intervention à la conférence de sécurité de Munich, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a appelé à des pourparlers sérieux et substantiels en vue d’une médiation américaine avec la Russie à Genève, tout en dénonçant la fréquence des demandes de concessions visant son pays et en exigeant des garanties de sécurité claires.

Des pourparlers tripartites attendus à Genève

Après deux séries de négociations jugées «constructives» à Abou Dhabi mais sans avancées décisives, l’Ukraine, la Russie et les États-Unis doivent à nouveau se réunir à Genève mardi et mercredi. Zelenskyy a fait part de son espoir que ces entretiens soient productifs et bénéfiques pour toutes les parties.

Toutefois, il a souligné que, parfois, les interlocuteurs semblaient discuter de sujets différents, ce qui fragilise la perspective d’un accord concret.

Pression pour des concessions et demande de garanties

Le président ukrainien a dénoncé le retour fréquent, selon lui, du thème des concessions, notant que celles-ci sont trop souvent envisagées uniquement du côté ukrainien et non pour la Russie. Il a également regretté l’absence quasi totale de la présence européenne à la table des négociations, qu’il juge «une grosse erreur».

Zelenskyy a insisté sur un point central : la paix ne peut être durable sans des garanties de sécurité claires. Le dossier « Zelenskyy concessions sécurité Ukraine » demeure, selon lui, au cœur des discussions à venir.

Points de friction : retraits, troupes étrangères et durée des garanties

Parmi les sujets les plus disputés figure l’exigence russe d’un retrait complet des forces ukrainiennes des zones du Donetsk encore contrôlées par Moscou. Kyiv refuse tout recul unilatéral et conditionne tout cessez-le-feu à des garanties occidentales susceptibles de dissuader une reprise de l’agression.

Sur la durée des garanties, Zelenskyy a indiqué que Washington aurait proposé une protection de 15 ans après la fin du conflit, alors que l’Ukraine réclame un engagement d’au moins 20 ans, voire plus. Il a aussi rappelé que Vladimir Poutine s’oppose à la présence de troupes étrangères sur le sol ukrainien.

Surveillance du cessez-le-feu, échanges de prisonniers et pression extérieure

Le président a réaffirmé que la Russie doit accepter une mission de surveillance du cessez‑le‑feu et procéder à des échanges de prisonniers. Il a estimé que Moscou détient environ 7 000 soldats ukrainiens, tandis que Kyiv maintiendrait plus de 4 000 personnels russes.

Par ailleurs, Zelenskyy a reconnu ressentir «un peu» la pression du président américain, qui l’a exhorté à ne pas laisser passer l’«opportunité» de parvenir à un accord. Il a demandé à ses alliés d’intensifier la pression sur la Russie, tant par des sanctions plus strictes que par des livraisons d’armes supplémentaires.

Selon des responsables ukrainiens, un cessez‑le‑feu serait indispensable pour organiser un référendum sur tout accord de paix, qui serait tenu parallèlement à des élections nationales.

Changements dans la délégation russe et mises en garde historiques

Zelenskyy s’est dit surpris par le remplacement du chef de la délégation russe, notant que ce changement—avec l’arrivée de l’un des conseillers de Poutine—laissait entendre une volonté de ralentir les décisions. Les autorités ukrainiennes ont critiqué la nouvelle composition, reprochant au responsable russe son approche peu constructive lors de précédentes séances.

Lors de son allocution principale à Munich, Zelenskyy a par ailleurs qualifié Vladimir Poutine «d’esclave de la guerre» et a évoqué la mémoire de l’accord de Munich de 1938. Il a mis en garde contre l’illusion qu’on pourrait mettre fin au conflit en divisant l’Ukraine, comme l’Europe l’avait tenté à l’époque sans empêcher la Seconde Guerre mondiale.

En filigrane de ses déclarations, Zelenskyy a réitéré son exigence : que l’Europe obtienne une place effective à la table des négociations et que des garanties de sécurité tangibles et durables soient inscrites dans tout éventuel accord.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/15/zelenskyy-says-us-too-often-pushes-ukraine-not-russia-for-concessions

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