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L’Agriculture Biologique en France : Vers un Avenir Incertain ?

Par Sara 2 min de lecture France

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La consommation française de produits issus de l’agriculture biologique a connu une légère augmentation en 2024, avec un rebond de 0,8 % après des années de difficultés liées à l’inflation, selon l’Agence bio. Toutefois, la situation de la production présente des signes préoccupants.

Une baisse des surfaces agricoles en bio

Pour la deuxième année consécutive en 2024, la France a enregistré une baisse des surfaces dédiées à l’agriculture biologique, tombant à 10,1 % des surfaces agricoles. Cet objectif est loin des 21 % fixés par la loi pour 2030. Loïc Madeline, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), a déclaré : « Oui, c’est une mauvaise nouvelle et pas vraiment une surprise. Les clients ont été moins demandeurs que pendant le Covid, où on avait vécu un vrai boom. »

Impact de la Politique agricole commune

Madeline a évoqué les baisses de dotations de la Politique agricole commune (PAC), soulignant la suppression de l’aide au maintien de 150 euros par hectare dans la PAC 2023-2027. L’éco-régime a remplacé le paiement vert, offrant un montant ajusté de 93 euros par hectare, alors que la FNAB demandait 145 euros pour compenser la perte de l’aide. « On a 30 % de main-d’œuvre en plus donc davantage de charges », a-t-il ajouté.

La nécessité de soutenir les exploitants

Madeline a insisté sur la nécessité de mieux soutenir les exploitants agricoles : « On souffre trop de l’image d’une agriculture qui ne produit pas assez. C’est faux. On progresse et sur certaines céréales, on n’est vraiment pas loin des rendements de ceux en conventionnelle. » Il a également rappelé que 95 % de la production biologique est consommée en France, justifiant un meilleur soutien de l’État.

Des perspectives mitigées pour la conversion

Malgré des défis, le solde net d’agriculteurs bio demeure positif, avec une augmentation de 1 % des exploitants. « Environ 30 % à 50 % de ceux qui se lancent viennent en bio », a précisé Madeline. Pour atteindre les 21 % de surfaces agricoles fixés d’ici 2030, il faudrait doubler les 2,7 millions d’hectares actuels en cinq ans.

Comparaison avec d’autres pays européens

L’Espagne a enregistré une croissance de 12 % en 2023, prenant la tête du marché européen, tandis que l’Autriche reste le champion avec 27,4 % de sa surface agricole en bio. Madeline a souligné la perte de surfaces de grandes cultures, essentielles pour le développement du bio en France.

Défis dans le secteur viticole et les cheptels bio

La viticulture, qui avait jusqu’ici un bon taux de conversion, a également vu ses surfaces en bio diminuer en 2024, tout comme tous les cheptels bio, à l’exception des brebis laitières. Cette baisse est attribuée à des crises multiples et des épizooties.

Appel à l’action pour l’avenir de l’agriculture biologique

« Si on réoriente de l’argent afin d’inciter la création ou la transformation de ferme en bio, ça pourrait créer une dynamique », a conclu Loïc Madeline, soulignant l’importance d’un soutien accru pour le secteur.

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