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Vendredi 16 octobre 2026 Mis à jour à 22 h 03

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Fin de vie digne : récit émouvant d’une patiente en aide médicale à mourir

Par charles 2 min de lecture

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Dans le cadre des soins gériatriques à Toronto, le docteur Herag Hamboyan, fervent défenseur de la fin de vie digne, raconte le récit bouleversant d’une patiente de 93 ans qui a choisi l’aide médicale à mourir (AMM). Ce témoignage éclaire les enjeux humains et éthiques de cette pratique encadrée au Canada depuis 2016. À travers ce récit se révèle la relation de confiance entre patient et médecin et la dignité au cœur des décisions de fin de vie.

Le choix éclairé de Madame MacNeil

Souffrant de plusieurs maladies incurables, dont un cancer, Madame MacNeil avait décidé de reprendre le contrôle sur son destin. Elle avait longuement réfléchi, consulté ses proches, son médecin traitant, et choisi de mourir sans souffrance, dans un cadre apaisé. « C’était elle qui comptait », résume le docteur Hamboyan, admiratif de sa lucidité et de sa sérénité.

La rencontre au chevet

Lorsque le médecin entre dans la pièce, la patiente est debout, élégante, maquillée et rayonnante. « Elle était dans son élément », écrit le médecin, bouleversé par ce tableau d’une patiente en pleine maîtrise de sa décision. L’accueil est empreint de tendresse: elle tend un petit souvenir de Nouvelle-Écosse, une mouette en bois chaussée de bottes en caoutchouc. Dans la chambre, les proches sont réunis et l’atmosphère est douce, presque irréelle. Avant le geste définitif, une dernière question lui est posée : « Êtes-vous certaine ? » Sa réponse est ferme : « Oui. »

Le médecin s’assoit à ses côtés et lui murmure qu’il a, lui aussi, un cadeau. Pas matériel. Puis il entonne une chanson traditionnelle de leur province natale, intitulée « Adieu à la Nouvelle-Écosse ». Les yeux dans les yeux, elle lui sourit.

« Il ne s’agit pas de jouer à Dieu », écrit-il. « Il s’agit de reconnaître l’autonomie des individus. » Cette phrase illustre sa réflexion sur sa propre fin de vie et ce qu’il souhaiterait, un jour, vivre en tant que patient.

Le moment final et le souvenir d’un cadeau immatériel

La perfusion est lancée. Madame MacNeil ferme les yeux. Un sourire sur les lèvres, elle s’éteint paisiblement. « Même si c’était étrange, c’était aussi une sensation bienfaisante », confie le médecin.

Suite à ma première expérience d’AMM, j’ai reçu non seulement une mouette en bois d’une dame spéciale, mais aussi un autre cadeau précieux : la compréhension directe d’une bonne mort.

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