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Le corps humain capable de fabriquer des antibiotiques naturels

Par Sara 2 min de lecture France

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Et si le corps humain produisait ses propres antibiotiques ? C’est la conclusion surprenante d’une équipe de recherche israélienne, révélée dans un article publié dans la revue Nature. Yifat Merbl, professeure à l’Institut des sciences Weizmann, a exprimé son enthousiasme à ce sujet : *«C’est vraiment excitant, car nous n’avions aucune idée que cela se produisait»*.

Découverte du protéasome

Pour comprendre cette découverte, il faut s’intéresser au protéasome, un système de gestion des déchets des cellules humaines. Ce mécanisme a pour rôle de décomposer les protéines trop vieilles afin de les recycler. Selon l’Inserm, *«Sans lui, le vieillissement de la cellule serait prématuré»*. L’équipe de Yifat Merbl a constaté que certaines parties des protéines humaines possédaient des caractéristiques propices à une activité antibactérienne. Ces segments, appelés peptides antimicrobiens, ne peuvent agir que s’ils sont détachés du reste de la protéine. C’est précisément ce que fait le protéasome.

Une mine d’or potentielle

Yifat Merbl et ses collègues ont voulu évaluer l’impact du protéasome lors des infections. Ils ont isolé des cellules humaines infectées par la salmonelle pour observer le déroulement de l’infection. En plaçant les salmonelles sur des cellules privées de protéasome, ils ont noté une intensification des infections, suggérant que le protéasome joue un rôle crucial pour limiter l’infection. Les cellules dont le protéasome fonctionnait encore émettaient des composants antibactériens, que l’équipe a pu isoler pour prouver leur efficacité tant in vitro que chez des souris malades.

Implications pour la recherche médicale

Cette avancée est d’une grande importance dans le cadre de la recherche médicale, qui cherche constamment de nouvelles molécules pour contrer l’adaptation des bactéries. Lindsey Edwards, microbiologiste au King’s College de Londres, a déclaré que cette découverte représente *«une mine d’or potentielle pour de nouveaux antibiotiques, c’est très excitant»*. Cependant, le professeur Daniel Davis de l’Imperial College souligne qu’il est nécessaire de tester davantage ce mécanisme avant de l’utiliser pour de nouveaux traitements.

Tim Clausen, biologiste à l’Institut de pathologie moléculaire de Vienne, a également proposé d’autres applications de cette découverte. Il suggère d’apprendre à moduler l’action du protéasome pour renforcer les défenses naturelles du corps et réduire ainsi la dépendance aux antibiotiques. Il est crucial de comprendre comment les virus peuvent détourner ce mécanisme, afin de mieux appréhender les dynamiques des coinfections et l’impact potentiel sur les infections secondaires.

source:https://www.liberation.fr/sciences/biologie/quand-le-corps-fabrique-ses-propres-antibiotiques-20250308_6IE4GRLEFZDGJN5CYFOEKW23SU/

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