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Parkinson débute peut-être durant le sommeil : une bonne nouvelle pour les femmes

Parkinson débute peut-être durant le sommeil : une bonne nouvelle pour les femmes

Par charles 3 min de lecture

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Chez une personne en bonne santé, le sommeil paradoxal se reconnaît aux mouvements rapides des yeux sous les paupières, mais le reste du corps demeure immobile. Lorsque ce mécanisme se dérègle et que la personne se met à bouger, à parler ou à mimer ses rêves, il peut s’agir d’un trouble du comportement en sommeil paradoxal. Ce trouble est particulièrement surveillé, car il peut annoncer, bien avant les premiers symptômes moteurs, une maladie neurodégénérative comme Parkinson ou la démence à corps de Lewy.

Des travaux publiés le 10 octobre 2025 dans Nature Communications apportent un éclairage nouveau sur les différences entre les hommes et les femmes concernés par ce trouble du sommeil. Les chercheurs de l’Université du Québec avancent que le cerveau féminin serait mieux protégé grâce à un gène lié au métabolisme de l’œstrogène, ce qui pourrait expliquer une vulnérabilité moindre face à la neurodégénérescence.

Le trouble du sommeil paradoxal, un signe avant-coureur important

Le sommeil paradoxal est la phase durant laquelle surviennent la plupart des rêves. Normalement, les muscles restent atones afin d’empêcher le corps d’agir physiquement pendant que le cerveau rêve. Quand cette paralysie naturelle disparaît, la personne peut effectuer de grands gestes ou revivre ses rêves de manière visible.

Ce trouble du comportement en sommeil paradoxal n’est pas anodin. Il est parfois associé à des maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson et la démence à corps de Lewy. Une étude publiée en 2019 montrait déjà que 70 % des patients présentant ce trouble finissaient par développer l’une de ces pathologies dans les quinze années suivantes.

Un cerveau féminin mieux préservé

Pour mieux comprendre pourquoi les femmes semblent moins touchées par l’atteinte cérébrale précoce, les chercheurs ont analysé les images cérébrales de 343 personnes souffrant de troubles du sommeil paradoxal et de 344 participants en bonne santé. Le constat est net : chez les hommes concernés, les zones corticales présentaient un volume réduit de 37 %, contre seulement 1 % d’atrophie chez les femmes du même âge et avec des symptômes similaires.

Marie Filiatrault, autrice de l’étude et doctorante en neurosciences à l’Université de Montréal, résume cette différence : les hommes présentent un amincissement cortical beaucoup plus important et plus grave que les femmes, en particulier dans les zones qui contrôlent le mouvement, la sensation, la vision et l’orientation spatiale. Cette observation pourrait aider à repérer plus tôt les mécanismes biologiques à l’œuvre avant la progression de la maladie.

Le rôle clé du gène ESRRG et de l’œstrogène

Les chercheurs mettent en avant le gène ESRRG, davantage exprimé chez les femmes. Ce gène est impliqué dans des fonctions liées à l’œstrogène, une hormone déjà connue pour influencer plusieurs mécanismes de protection cellulaire. Selon l’étude, il favoriserait la production d’énergie dans les cellules et contribuerait au maintien des cellules productrices de dopamine.

Or, la perte de ces neurones dopaminergiques est au cœur de la maladie de Parkinson. Cette piste biologique pourrait donc expliquer pourquoi le cerveau féminin semble plus résistant aux premières atteintes observées chez les personnes présentant un trouble du comportement en sommeil paradoxal.

Un levier pour mieux comprendre Parkinson chez les femmes

Pour le professeur en neuropsychologie Shady Rahayel, ce trouble du sommeil offre une occasion unique d’étudier les mécanismes de protection à un stade très précoce, avant que le cerveau ne subisse des dommages plus importants. Cette approche pourrait aussi éclairer une autre réalité statistique : selon France Parkinson, les femmes représentent environ 40 % des patients atteints de la maladie.

Les chercheurs espèrent que ces résultats aideront à faire progresser les traitements. À terme, il pourrait devenir possible de cibler le gène ESRRG et d’adapter les thérapies en fonction du genre du patient, afin de mieux prévenir ou ralentir l’évolution de la maladie de Parkinson.

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