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Victimes d’inceste et de violence : le trauma chez l’enfant en France

Par charles 3 min de lecture

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En France, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes – soit près de 160 000 selon les chiffres de la CIIVISE – et un enfant meurt chaque semaine sous les coups de ses parents. Des violences souvent tues qui deviennent un lourd secret pour les victimes. « Accidents, agressions, harcèlement scolaire, maltraitances, violences intrafamiliales, abus sexuels, inceste, attentat, guerres, migrations, catastrophe naturelle, mort violente de proche : ces événements peuvent laisser des blessures psychiques profondes et provoquer un trouble de stress post-traumatique », rappelle le Centre national de ressources et de résilience (Cn2r).

Définition : qu’est-ce qu’un psychotraumatisme chez l’enfant ?

La notion de psychotraumatisme chez l’enfant est la même que chez l’adulte. Selon le DSM-5, la 5e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et des troubles psychiatriques éditée par l’Association américaine de psychiatrie, il faut « avoir été confronté à la mort ou à une menace de mort, à une blessure grave ou à des violences sexuelles en étant directement exposé, témoin direct ou en apprenant qu’un ou plusieurs évènements traumatisants sont arrivés à un membre de sa famille ou à un ami proche. »

Comment reconnaître un enfant traumatisé ?

Les critères diagnostiques du trouble du stress post-traumatique chez l’enfant et l’adolescent sont peu ou prou les mêmes que chez l’adulte et se caractérisent par :

  • Des pensées intrusives ainsi que des reviviscences diurnes ou nocturnes de l’événement traumatique.
  • La mise en place de stratégies d’évitement des situations, des personnes ou des pensées rappelant le souvenir traumatique.
  • Une hyperactivité : état d’alerte permanent avec sursauts, irritabilité, troubles du sommeil.
  • Un vécu émotionnel négatif : culpabilité, honte, colère, peur, tristesse.

Les symptômes du TSPT chez les jeunes enfants

« Le DSM-5 fait une distinction entre les enfants de moins de 6 ans et ceux de plus de 6 ans, précise Mélody Fournier. Par exemple, chez les sujets les plus jeunes, les reviviscences vont plutôt prendre la forme de jeux répétitifs. L’enfant va rejouer le trauma sans cesse avec ses jouets, ou rêver de monstres, ce qui est juste une expression différente du traumatisme. »

Les symptômes du TSPT chez les adolescents

Chez les adolescents, les symptômes du trouble du stress post-traumatique peuvent également se manifester par un repli sur soi, de la somatisation, un changement d’attitudes et d’humeurs, ou encore l’adoption de conduites à risque : consommation d’alcool, de médicaments ou de drogues. « Il est important que les parents mais aussi les enseignants soient attentifs à ces changements qui doivent alerter », souligne la psychologue.

Conséquences des abus et du trauma durant l’enfance

Subir un traumatisme psychologique dans l’enfance multiplie par 3 le risque de souffrir d’un trouble mental à l’âge adulte, selon une étude de l’Hospital del Mar Medical Research Institute (IMIM, Barcelone). Les traumatismes infantiles les plus courants incluent les abus émotionnels, physiques et sexuels.

Facteurs de risque du TSPT

Certains facteurs augmentent le risque de développer un trouble : la gravité de l’événement, le manque de soutien social et les antécédents de traumatismes passés. « Cela dépend du type d’événement traumatique et des ressources dont l’enfant dispose », explique Mélody Fournier.

TSPT complexe : conséquences sur le développement

Le trouble du stress post-traumatique complexe survient à la suite d’événements traumatiques répétés à long terme. « Grandir dans un climat quotidien de violences entraîne des conséquences très négatives sur le développement de l’enfant ».

Traitement du TSPT chez l’enfant

Le traitement repose principalement sur la psychothérapie, notamment les thérapies comportementales et cognitives. « L’objectif étant que le jeune patient retrouve une certaine sécurité avant d’aborder l’événement traumatique », conclut Mélody Fournier.

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