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BIOFACE : une innovation au CHU de Toulouse
C’est une innovation qui pourrait redonner espoir à des milliers de patients. Appelé BIOFACE, ce projet a pour but « d’améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer de la bouche grâce à un procédé chirurgical de reconstruction des os du visage qui s’appuie sur un biomatériau innovant », peut-on lire dans un communiqué du CHU de Toulouse (Haute-Garonne).
Un projet sélectionné par l’Agence nationale de la recherche
Tout a commencé en 2022, lorsque Agnès Dupret-Bories, praticien hospitalier au CHU de Toulouse et spécialiste de la reconstruction microchirurgicale, a pour la première fois réussi à reconstruire le nez de deux personnes souffrant d’un cancer à partir d’un greffon synthétique. A la suite de cette prouesse médicale, l’Agence nationale de la recherche a sélectionné le centre hospitalier universitaire de Toulouse pour développer le projet BIOFACE, toujours porté par Agnès Dupret-Bories. L’équipe a également obtenu le financement de France 2030.
Lancée le 16 décembre, cette innovation « a l’ambition de modifier radicalement une méthode de prise en charge des patients opérés pour un cancer de la bouche », a-t-elle indiqué.
Des opérations complexes pour traiter le cancer de la bouche
Dans les cas de cancer de la bouche, les opérations nécessitent souvent de devoir retirer des os du visage infiltrés par la tumeur. Bien qu’il soit possible de greffer d’autres morceaux d’os, notamment du péroné, la chirurgie peut toutefois échouer. « Quand il s’agit de cancers qui sont proches d’un des os de la bouche, que ce soit la mâchoire ou le maxillaire, on doit enlever une grosse partie d’os et du palais », explique Agnès Dupret-Bories. « Bon nombre de patients ont de lourdes séquelles et ne peuvent plus manger ou respirer par la bouche ».
Une technologie d’impression 3D pour la reconstruction
Afin de réaliser l’opération, un scanner réalisé sur le patient permet de modéliser l’os à remplacer et de fabriquer un nouveau morceau grâce à l’impression 3D. Il sera conçu avec des biomatériaux, du titane et de l’hydroxyapatite, une céramique proche de l’os naturel et acceptée par le corps humain. « L’idée avec ce nouveau processus, c’est qu’on aura pendant l’intervention chirurgicale un biomatériau, déjà imprimé sur mesure et qui permettra de remplacer cet os du visage », précise la professeure.
Les recherches entamées par le CHU de Toulouse pourraient changer la vie de nombreux malades : « Avec ce dispositif, on aura un taux de réussite de 100% », ajoute la chirurgienne. « Il n’y aura plus de risque de bouchage des vaisseaux, d’hématome ou d’abcès, qui mettent en péril la greffe ».
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