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    Reprise des exportations de pétrole du Kurdistan vers le port de Ceyhan

    Irak, Turquie

    Le flux de pétrole brut a repris via le oléoduc reliant le Kurdistan irakien à la Turquie, pour la première fois depuis deux ans et demi, après la conclusion d’un accord provisoire qui met fin à l’impasse. La reprise des exportations vers le port méditerranéen de Ceyhan relance des volumes destinés aux marchés mondiaux et soulève des enjeux politiques et économiques majeurs pour l’Irak.

    Relance des opérations et chiffres annoncés

    Le ministère du Pétrole irakien a annoncé que les opérations ont repris « à 06h00, heure locale (03h00 GMT) », avec un débit soutenu et sans problèmes techniques signalés. Le ministre du Pétrole, Hayyan Abdul Ghani, a indiqué qu’un accord entre le gouvernement fédéral, le gouvernement régional du Kurdistan et les producteurs étrangers en activité dans la région permettrait un flux quotidien compris entre 180 000 et 190 000 barils vers le port de Ceyhan.

    Ali Nizar, directeur de la State Oil Marketing Organization (SOMO) rattachée au gouvernement fédéral, a déclaré à l’AFP que la société recevrait au moins 190 000 barils par jour destinés à l’exportation, tandis qu’une quantité de 50 000 barils par jour serait réservée à la consommation locale.

    • Volumes cités pour l’exportation : 180 000–190 000 b/j (selon le ministre).
    • Allocation confirmée à SOMO : ≥ 190 000 b/j pour l’export.
    • Consommation locale : 50 000 b/j.

    Pressions internationales et implications pour les marchés

    Les États-Unis ont exercé des pressions en faveur de la reprise des flux, qui pourrait finalement réintroduire jusqu’à 230 000 barils par jour sur les marchés mondiaux. Cette remise en circulation intervient alors que l’alliance OPEP+ cherche à renforcer sa production pour accroître sa part de marché.

    Le texte arabe citait une intervention de Marco Rubio, qui a salué l’accord présenté comme « facilité par les États-Unis » et susceptible d’apporter des bénéfices tangibles aux Américains et aux Irakiens, tout en réaffirmant la souveraineté de l’Irak.

    Mohammed Najjar, représentant irakien auprès de l’OPEP, a estimé que l’Irak pourra exporter davantage après la remise en service du oléoduc Kirkuk–Ceyhan et grâce à d’autres projets prévus au port de Bassorah.

    Modalités de gestion des ventes et répartition des revenus

    L’accord initial prévoit que :

    • Le gouvernement régional du Kurdistan s’engage à livrer au moins 230 000 barils par jour à SOMO, tout en conservant 50 000 b/j pour un usage interne.
    • Une entité indépendante gérera les ventes depuis le port de Ceyhan, en se basant sur les prix officiels de SOMO.
    • 16 dollars par baril vendu seront transférés sur un compte de garantie et répartis proportionnellement entre les producteurs, les recettes restantes revenant à SOMO.

    Les entreprises impliquées dans les opérations ont accepté de se réunir dans les 30 jours suivant la reprise des exportations pour définir un mécanisme de règlement des arriérés dus aux producteurs. La société norvégienne DNO a indiqué qu’elle n’envisageait pas, pour l’heure, d’exporter via le oléoduc, mais que des acheteurs locaux pourraient toujours acheminer leur production par ce canal.

    Règlement des arriérés et rôle des compagnies

    La question des dettes dues au secteur privé est centrale : les arriérés du Kurdistan envers les producteurs atteindraient près d’un milliard de dollars, dont environ 300 millions dus à DNO. Les huit compagnies pétrolières ayant signé l’accord et le gouvernement régional se sont engagés à travailler à un calendrier de règlement.

    Cette avancée est présentée comme une condition pour stabiliser les relations commerciales et permettre des exportations régulières, tout en assurant que les recettes soient correctement distribuées entre l’État fédéral et les producteurs locaux et étrangers.

    Tensions historiques entre Bagdad et Erbil

    Les exportations pétrolières du Kurdistan irakien ont été à l’origine de tensions persistantes entre le gouvernement fédéral à Bagdad et l’administration autonome d’Erbil. Le oléoduc Kirkuk–Ceyhan avait cessé de fonctionner en mars 2023 après une décision de la Chambre de commerce internationale obligeant la Turquie à verser 1,5 milliard de dollars à l’Irak, en réparation d’exportations autorisées par les autorités kurdes sans l’aval de Bagdad.

    Avant l’arrêt, le Kurdistan expédiait environ 450 000 barils par jour via Ceyhan sans l’approbation du gouvernement central. Selon l’Association de l’industrie pétrolière du Kurdistan (APIKOR), les pertes subies par l’Irak à cause de l’arrêt des exportations du Kurdistan dépasseraient 35 milliards de dollars.

    Le ministre de l’Énergie turc, Alparslan Bayraktar, a confirmé la reprise des exportations vers la Turquie via un message publié sur la plateforme X.

    Vannes et tuyauterie du terminal pétrolier de Ceyhan en Turquie
    Un travailleur vérifie les organes de vanne des conduites liées aux réservoirs de pétrole au port de Ceyhan, Turquie (REUTERS/Umit Bektas).

    Perspectives pour la production et les exportations irakiennes

    Selon le sous-secrétaire du ministère du Pétrole, Bassim Mohammed, la reprise des flux depuis le Kurdistan contribuera à porter les exportations totales de l’Irak à environ 3,6 millions de barils par jour dans les prochains jours. Il a précisé que les niveaux de production et d’exportation resteraient alignés sur la part de l’Irak au sein de l’OPEP, fixée à 4,2 millions de barils par jour.

    L’économie irakienne, qui tire environ 90 % de ses recettes du pétrole, surveillera de près l’évolution des exportations issues du Kurdistan et leur impact sur les revenus nationaux et la stabilité politique.

    Points clés

    • Reprise du flux de pétrole Kurdistan → Ceyhan après 2,5 ans d’interruption.
    • Volumes annoncés : 180 000–190 000 b/j, avec SOMO recevant ≥190 000 b/j pour l’export et 50 000 b/j pour la consommation locale.
    • Possibilité d’augmenter jusqu’à 230 000 b/j selon les évolutions et pressions internationales.
    • Mécanisme de partage des revenus : 16 $/baril vers un compte de garantie pour les producteurs.
    • Négociations en cours pour régler près d’1 milliard de dollars d’arriérés dus aux producteurs.
    source:https://www.aljazeera.net/ebusiness/2025/9/27/%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%b1%d8%a7%d9%82-%d9%83%d8%b1%d8%af%d8%b3%d8%aa%d8%a7%d9%86-%d8%ac%d9%8a%d9%87%d8%a7%d9%86-%d9%86%d9%81%d8%b7-%d8%aa%d8%b1%d9%83%d9%8a%d8%a7

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