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Répéter son réveil, c’est-à-dire relancer l’alarme à plusieurs reprises ou activer le mode snooze, n’est pas idéal pour démarrer la journée. Une étude internationale publie des résultats éclairants sur l’impact de cette habitude sur la qualité du sommeil paradoxal et le temps dédié au sommeil réparateur. Des chercheurs de Harvard et de Göteborg ont analysé six mois de données issues de plus de 21 000 participants, dans plusieurs pays, majoritairement les États‑Unis, le Royaume‑Uni et le Japon. Ils ont examiné près de 3 millions de nuits à partir d’une application de suivi du sommeil. Dans ce cadre, 56 % des nuits se terminent par au moins une répétition d’alarme.
Les auteurs soulignent que cette pratique perturbe certaines des étapes clés du sommeil, notamment le sommeil paradoxal, qui est la phase la plus riche en rêves et en activité cérébrale. « Malheureusement, l’alarme snooze perturbe certaines des étapes les plus importantes du sommeil », affirme l’autrice principale, la docteure Rebecca Robbins. « Les heures qui précèdent le réveil sont riches en sommeil paradoxal », précise-t-elle, mettant en lumière les effets négatifs sur la qualité du sommeil.
Le sommeil paradoxal et l’effet du snooze
Le sommeil paradoxal est la dernière phase d’un cycle de sommeil et est associée au rêve et à une activité cérébrale particulière. L’étude montre que l’action d’appuyer sur snooze interrompt ces phases critiques et n’offre généralement qu’un sommeil léger entre deux alarmes, ce qui peut compliquer le réveil et diminuer la sensation de repos au matin.
Des résultats marquants sur une nuit type
- 56 % des nuits se terminent par au moins une répétition d’alarme.
- En moyenne, le réveil est repoussé de 11 minutes par nuit, ce qui, sur un mois, équivaut à une “nuit de 6 heures” perdue.
- Le snooze est plus utilisé en semaine qu’au cours du week-end.
L’étude révèle aussi des variations selon les profils : les personnes ayant les heures de sommeil les plus irrégulières et celles qui dorment le plus longtemps utilisent davantage le snooze. Les femmes ont tendance à répéter les réveils plus que les hommes (en moyenne 2,5 alarmes pour 11,5 minutes contre 2,3 alarmes pour 10,2 minutes chez les hommes). Côté saisonnalité, le mois de décembre en hémisphère nord concentre le plus grand nombre de snooze, en raison du manque de lumière.
Ces résultats soulignent l’influence du réveil répété sur la régularité du sommeil et la récupération nocturne. Le sommeil paradoxal, crucial pour la consolidation de la mémoire et l’équilibre émotionnel, peut être perturbé par des réveils sucessifs, avec des répercussions sur la vigilance et la performance le lendemain.
Conseils pratiques pour optimiser le réveil et le sommeil
- Réglez votre alarme à l’heure la plus tardive possible et engagez-vous à sortir du lit dès la première sonnerie.
- En vous couchant plus tôt, vous réduisez le nombre de répétitions et améliorez la qualité globale du sommeil.
Des habitudes plus régulières, une exposition à la lumière naturelle le matin et une routine de coucher stable peuvent aider à mieux équilibrer le cycle du sommeil et à préserver le sommeil paradoxal, source de récupération et de performance le lendemain.