Table of Contents
Jour 1377 de la guerre Russie-Ukraine : les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, tandis que la diplomatie multiplie les initiatives et que des livraisons d’armes et des mouvements stratégiques affectent la région. Voici les faits marquants de la journée, avec un focus sur les offensives revendiquées, les frappes meurtrières et les évolutions politiques et militaires.
Combats et avancées revendiquées
Les affrontements ont été intenses sur divers secteurs du front, et Moscou a revendiqué plusieurs gains territoriaux. Les autorités ukrainiennes déclarent pour leur part ne pas avoir confirmé certaines de ces prises.
- Une frappe de missile balistique russe a touché la ville de Dnipro, faisant quatre morts et une quarantaine de blessés, selon les autorités ukrainiennes.
- La Russie a annoncé la prise de Pokrovsk, ville stratégique de l’est de l’Ukraine et nœud logistique visé depuis des mois par ses forces, ainsi que la capture de Vovchansk dans la région de Kharkiv (nord-est).
- Le ministère russe de la Défense a diffusé une vidéo montrant, selon lui, des soldats russes plantant le drapeau sur la place centrale de Pokrovsk, appelée Krasnoarmeysk en russe.
- Selon l’agence d’État russe TASS, des commandants militaires ont informé le président Vladimir Poutine de la prise de Pokrovsk lors d’une visite à un poste de commandement non identifié. Poutine a qualifié cette avancée « d’importante » et estimé qu’elle « permettra de résoudre les tâches fixées au début de l’opération spéciale ».
- Le chef d’état-major russe Valery Gerasimov a déclaré à Poutine la détermination des forces russes à poursuivre la conquête de l’ensemble du Donbass, région industrielle comprenant les oblasts de Donetsk et Luhansk, d’après TASS.
- Les autorités ukrainiennes n’ont toutefois pas confirmé la prise de Pokrovsk ou de Vovchansk.
- Le ministère russe de la Défense a également revendiqué, lundi, la capture de la localité de Klynove dans la région de Donetsk.
- Le blogue militaire ukrainien DeepState a estimé que les forces russes avaient capturé environ 505 km2 de territoire ukrainien en novembre, soit presque le double de la surface prise en octobre. Les avancées auraient été les plus prononcées autour de Huliaipole, dans le sud-est de la région de Zaporizhia.
- Le Consortium du pipeline caspien (CPC), qui exporte principalement le pétrole du Kazakhstan vers un terminal d’exportation en Russie, a indiqué avoir repris les expéditions depuis un poste d’amarrage de son terminal en mer Noire après une importante attaque de drones ukrainiens le 29 novembre.
Politique et diplomatie
Sur le plan diplomatique, les efforts se multiplient pour tenter d’encadrer une issue négociée, tandis que les positions sur les garanties et les concessions territoriales restent au cœur des discussions.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy s’est entretenu à Paris avec le président français Emmanuel Macron pour renforcer le soutien européen à Kyiv. Zelenskyy a indiqué que les concessions territoriales constituent le principal point de blocage dans les discussions dirigées par les États-Unis visant à mettre fin à la guerre.
- Zelenskyy a déclaré attendre une conversation avec le président américain Donald Trump sur des « enjeux clés et assez difficiles ».
- Macron a rappelé aux journalistes que seule l’Ukraine peut décider de son territoire lors de négociations de paix avec la Russie et a estimé que le moment actuel « pourrait être décisif pour l’avenir de la paix en Ukraine et la sécurité en Europe ».
- Le président français a échangé plus tard avec Donald Trump pour évoquer « les prochaines étapes des efforts de médiation », en insistant sur « l’importance centrale des garanties de sécurité nécessaires pour l’Ukraine », selon l’exécutif français.
- La Maison-Blanche a déclaré lundi que l’administration Trump se montrait « très optimiste » quant à la possibilité de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre, après des pourparlers entre délégations ukrainiennes et américaines en Floride dimanche.
- L’envoyé de Trump, Steve Witkoff, devait rencontrer Vladimir Poutine à Moscou mardi, ce qui a suscité des inquiétudes dans certains cercles européens.
- La cheffe de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaja Kallas, a exprimé ses craintes face à cette rencontre, redoutant que « toute la pression soit placée sur la partie la plus faible », ce qui faciliterait un arrêt du conflit au prix de la capitulation de l’Ukraine.
- Le grand banquier russe Andreï Kostine a averti que Moscou riposterait si l’UE utilisait les avoirs souverains russes gelés pour accorder un prêt à l’Ukraine, menaçant de saisir des actifs détenus par des investisseurs européens en Russie et d’engager des décennies de litiges financiers.
Armes et aide militaire
Les livraisons d’équipement et les accords industriels se multiplient pour soutenir les capacités défensives ukrainiennes. Les partenaires occidentaux annoncent des engagements concrets.
- L’Ukraine et les Pays-Bas ont signé un accord de production conjointe de drones, renforçant la coopération industrielle dans le domaine des systèmes sans pilote.
- Le gouvernement néerlandais s’est engagé à acheter pour environ 250 millions d’euros d’armements auprès des États-Unis destinés à Kyiv.
- Ces achats doivent inclure du matériel et des missiles pour la défense aérienne, ainsi que des munitions pour avions F-16 et pour des systèmes aériens sans pilote, a précisé l’exécutif néerlandais.
Sécurité régionale
Les tensions se répercutent au-delà du théâtre principal du conflit, affectant la sécurité maritime et les relations entre pays voisins.
- Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné les attaques visant des navires commerciaux en mer Noire après une attaque de drone visant un tanker lié à la « flotte fantôme » russe dans les eaux turques. Des responsables ukrainiens ont confirmé être à l’origine de cette attaque.
- La Biélorussie, alliée proche de la Russie, a accusé la Lituanie d’avoir déployé un drone sur son territoire pour y déposer du « matériel extrémiste ». Vilnius a rejeté ces accusations comme fausses.
- Pour sa part, la Lituanie a imputé à la Biélorussie des incursions de ballons qui ont interrompu le trafic aérien à l’aéroport de Vilnius. Le service diplomatique de l’UE a convoqué le représentant biélorusse à Bruxelles et demandé « l’arrêt des attaques hybrides contre les pays de l’UE ».