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La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a provoqué un choc économique mondial : la navigation dans le détroit d’Hormuz, par lequel transite environ 20 % des approvisionnements pétroliers et gaziers, a été presque paralysée, tandis que plusieurs pays de la région ont annoncé des réductions de production faute de pouvoir exporter. En conséquence, l’inflation liée à l’énergie bondit et les ménages revoient leurs projets d’emprunt — les spécialistes recommandent d’éviter les crédits en temps de guerre autant que possible.
Trois aspects qui pèsent sur le financement
La guerre influe sur la capacité des ménages à obtenir et rembourser des prêts selon trois canaux principaux : l’envolée des prix de l’énergie, un resserrement de la politique monétaire et une prudence accrue des prêteurs.
Premièrement, la hausse du pétrole — qui a atteint des niveaux proches de 120 dollars le baril — et la flambée des prix du gaz en Europe (une augmentation d’environ 70 %, jusqu’à 54,50 euros/MWh) entraînent une augmentation directe du coût de la vie. Cette pression se répercute sur les prix des transports, de la production et, in fine, sur le panier de consommation des ménages.
Deuxièmement, face à une montée de l’inflation liée à l’énergie, les banques centrales adoptent des politiques monétaires plus strictes. Les autorités monétaires — dont la Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre et les institutions européennes — doivent réviser leurs anticipations : dans certains cas, cela se traduit par la suspension des baisses de taux, voire par de nouvelles hausses, ce qui alourdit le coût des crédits immobiliers et à la consommation.
Troisièmement, l’incertitude géopolitique pousse les établissements financiers à durcir leurs conditions d’octroi. Les banques, confrontées à des perspectives de croissance moins favorables et à des coûts de production plus élevés, réduisent leur appétit pour le risque et restreignent l’accès au crédit pour les particuliers, les jeunes entreprises et les petites entreprises.
Conseils pour gérer les crédits en temps de guerre
En période de conflit, il est essentiel de réévaluer ses priorités financières. L’analyste économique Badr Zahir Al-Azraq insiste sur un plan de dépenses réaliste centré sur l’alimentation, la santé, l’éducation et le logement, et sur la réduction des dépenses non essentielles.
- Éviter tout emprunt non indispensable : les périodes de guerre s’accompagnent souvent d’inflation et d’instabilité des prix, rendant le remboursement plus difficile.
- Réserver le crédit aux besoins essentiels ou aux projets productifs susceptibles de générer un revenu supplémentaire.
- Ne pas recourir au crédit pour l’achat de biens de confort ou de consommation superflue — ce serait un choix financier risqué.
- Commencer par une revue complète du budget personnel avant de solliciter un prêt.
- Réduire les dépenses non prioritaires pour dégager une capacité d’épargne même modeste.
- Explorer des sources de revenu complémentaires, notamment via l’économie numérique et le travail indépendant.
Éviter la spirale de l’endettement
Plutôt que de s’endetter davantage, il peut être préférable de renégocier les échéances existantes. Badr Zahir Al-Azraq recommande de dialoguer avec les prêteurs pour rééchelonner les dettes et éviter une spirale de nouveaux emprunts.
Par ailleurs, renforcer l’éducation financière des ménages permet de limiter les décisions coûteuses. Quelques règles simples aident à préserver l’équilibre : épargner pendant les périodes favorables, maintenir un fonds de précaution et réfléchir à des placements protecteurs comme l’or ou des valeurs boursières stables.
- Constituer une réserve de liquidités pour faire face aux urgences.
- Privilégier des investissements défensifs plutôt que de laisser les économies totalement immobilisées.
- Renégocier les dettes existantes avant d’en contracter de nouvelles.
Recommandations du Fonds monétaire international
Le Fonds monétaire international, dans sa revue de mars 2026, met en garde contre plusieurs pièges du crédit en période de crise.
- Éviter les nouveaux emprunts : l’ère du « crédit bon marché » est terminée, avec des taux d’intérêt à des niveaux plus élevés.
- Prudence en période d’instabilité de l’emploi : les perspectives de revenu peuvent se détériorer, rendant le remboursement incertain.
- Éviter les prêts à taux variable : en cas de remontée des taux, la charge d’intérêt peut augmenter fortement.
Face à une guerre qui amplifie l’inflation, durcit les conditions du crédit et accélère le resserrement monétaire, la recommandation dominante est claire : limiter le recours aux crédits en temps de guerre et ne les envisager qu’en dernier ressort, pour des besoins essentiels ou des investissements générateurs de revenus.