Alors que l’attention internationale se concentre sur l’escalade entre les États-Unis et Israël et les frappes liées à la guerre contre l’Iran, les violences se poursuivent sans relâche à Gaza et en Cisjordanie. Israël a suspendu le passage de Rafah, aggravant une crise humanitaire déjà profonde, tandis que les raids militaires et les attaques de colons continuent de semer mort et destruction en Cisjordanie.
Gaza
La fermeture, début mars, du passage de Rafah avec l’Égypte a intensifié l’angoisse à Gaza, zone qui dépend de ce point de passage pour l’acheminement de l’aide et l’évacuation des patients les plus graves. Les autorités israéliennes ont évoqué des « ajustements de sécurité », mais la mesure a provoqué des achats de panique et des craintes de pénuries parmi une population déjà épuisée par des mois de conflit.
Parallèlement, l’ONU a appelé à la réouverture des points de passage et les autorités israéliennes ont annoncé l’ouverture graduelle du terminal de Kerem Shalom pour l’entrée d’une aide humanitaire limitée. Néanmoins, les livraisons restent largement insuffisantes par rapport aux besoins sanitaires et alimentaires de la population.
- Les frappes et les raids se poursuivent, notamment dans le sud de l’enclave, où des attaques récentes ont fait des victimes civiles, dont un père et sa fille à Khan Younis.
- Une pénurie prolongée de gaz de cuisson et de carburant contraint de nombreuses familles à recourir à des modes de cuisson improvisés, tandis que les stocks d’aide n’arrivent pas au rythme nécessaire.
- Des organisations de défense des droits ont alerté sur la situation des femmes enceintes et des malades en phase terminale, qui ne disposent pas de soins adéquats dans ces conditions de conflit et de blocus.
Cisjordanie
En Cisjordanie occupée, la situation sécuritaire reste très tendue. Les forces israéliennes ont maintenu la fermeture de la mosquée Al-Aqsa aux fidèles et ont annulé les prières du vendredi à Jérusalem-Est, invoquant des raisons de sécurité liées aux récents tirs régionaux.
Des opérations militaires ont visé des camps de réfugiés et des villes, avec des contrôles de rues et des fouilles de domiciles. Des forces israéliennes ont notamment pénétré le camp d’Askar près de Naplouse, bloquant les entrées et procédant à des perquisitions.
- Les attaques de colons contre des villages palestiniens se sont multipliées, visant des habitations et des biens agricoles, et provoquant des morts parmi les civils.
- Des distributions de tracts interdisant la circulation entre gouvernorats ont été signalées dans plusieurs zones rurales, renforçant les restrictions de mouvement imposées aux Palestiniens.
- Plusieurs cas meurtriers ont été rapportés ces derniers jours : deux frères abattus près de Qaryut, la mort d’un habitant de Masafer Yatta et d’autres victimes atteintes lors d’attaques de colons ou par des actions militaires américaines accompagnantes.
- Des incidents collatéraux ont également eu lieu, comme des débris de missile ayant endommagé une maison à Biddya, ainsi que l’incendie d’une ferme avicole à Bethléem attribué à des colons.
Le bilan des violences depuis le déclenchement du conflit demeure lourd des deux côtés, selon les chiffres communiqués par les autorités palestiniennes et israéliennes. Entre destructions, restrictions des passages frontaliers et multiplication des incidents en Cisjordanie, la population civile continue de payer le prix le plus élevé.
Dans ce contexte, les appels internationaux en faveur d’un accès humanitaire élargi et d’une désescalade se multiplient, mais sur le terrain les opérations et les affrontements persistent, approfondissant le désarroi et les déplacements dans les territoires concernés.