La réponse courte
Au Yémen, l’opération « Fajr al-Yaman », lancée le 5 octobre 2026 par les forces gouvernementales avec l’appui de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, atteint sa première semaine le 11 octobre. Son bilan mêle des opérations annoncées, des pertes revendiquées et des avancées contestées par les Houthis. Ces éléments ne répondent pas à la même question : l’activité militaire ne suffit pas à mesurer le terrain effectivement repris.1
Le porte-parole des forces gouvernementales, Majed al-Nuzaili, revendique 9 604 opérations contre les Houthis, menées avec des avions de combat, des drones, de l’artillerie, des missiles, des lance-roquettes et des tireurs d’élite. Ce total rassemble donc plusieurs moyens d’action : le lire comme 9 604 frappes aériennes changerait la nature du chiffre. Il ne donne pas non plus le nombre de positions conquises.1
Le même porte-parole affirme que plus de 7 527 combattants houthis ont été « neutralisés » et que 1 094 véhicules ou moyens de combat ont été détruits ou endommagés. Le terme « neutralisés » n’est pas accompagné d’une répartition entre morts, blessés ou autres situations : il ne peut donc pas être transformé en bilan de décès. De même, le total du matériel regroupe destruction et endommagement, sans permettre de compter séparément les équipements détruits. Ces nombres restent des résultats revendiqués par un belligérant, pas des pertes vérifiées indépendamment.1
Pour apprécier les changements de contrôle, il faut revenir aux lieux disputés. Dans la contre-offensive autour de Bab el-Mandeb, les forces gouvernementales revendiquent la reprise de la zone du détroit, de l’aéroport de Dhobab et du camp d’al-Omari, jusqu’à Mokha. Les Houthis nient toute avancée gouvernementale. Autour de Taëz, les forces gouvernementales annoncent également des gains, tandis que les Houthis affirment avoir repoussé leurs tentatives de progression au sud-ouest d’al-Wazi‘iyah. Les totaux d’opérations ne départagent pas ces versions opposées.1
La première semaine ne se limite toutefois pas au littoral. À Marib, les forces gouvernementales ont lancé le 5 octobre une opération sur les fronts sud et nord-ouest. Dans l’est du gouvernorat d’al-Jawf, elles cherchent à progresser vers al-Hazm, la capitale provinciale ; les Houthis ont affirmé le 7 octobre avoir fait échouer une tentative d’avancée. L’étendue des fronts décrit ainsi le périmètre des combats, mais ne constitue pas une carte des territoires durablement contrôlés.1
L’attaque du 10 octobre contre l’aéroport du roi Khaled, à Riyad, appelle une autre distinction : le bilan humain et l’identification du responsable sont deux informations séparées. L’autorité saoudienne de l’aviation civile a annoncé 12 morts, dont quatre Saoudiens, et 309 blessés, certains dans un état critique, ainsi qu’une suspension temporaire des opérations de l’aéroport. La coalition accuse les Houthis d’avoir attaqué un terminal. Au 11 octobre 2026 à 16 h, heure de Paris, ceux-ci n’avaient pas revendiqué cette attaque. Le bilan annoncé ne suffit donc pas à établir indépendamment qui l’a menée.1
La source
Signaler une erreur- 1Aaljazeera.netهذه حصيلة عملية "فجر اليمن" في أسبوعها الأول (nouvel onglet)
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