La réponse courte
Au Yémen, les combats terrestres engagés début septembre 2026 ne se déploient pas avec la même intensité sur toutes les lignes de contact. Taëz, la côte occidentale et Bab el-Mandeb concentrent les affrontements, suivis de Ma’rib et d’Al-Jawf. D’autres secteurs restent relativement calmes au sol, sans être nécessairement épargnés par les frappes aériennes. Pour comprendre cette répartition, il faut distinguer deux questions : où les forces s’affrontent-elles à terre, et pourquoi privilégient-elles certains axes ?1
Un « front calme » décrit ici une faible activité terrestre, pas une cessation des hostilités. Les lignes d’Al-Bayda, de Saada et d’Al-Dhalea connaissent surtout un calme relatif, ponctué d’escarmouches. Pourtant, l’aviation gouvernementale vise des positions houthies dans certaines des provinces où les affrontements au sol sont limités. Une carte des seuls combats terrestres laisserait donc hors champ une partie des attaques : elle ne peut pas servir, à elle seule, de carte des zones épargnées.1
L’annonce gouvernementale de l’opération « Fajr al-Yaman », le 5 octobre, est ainsi postérieure au début des combats terrestres. Elle ne marque pas leur commencement. Le ministre de la Défense, Taher al-Aqili, présente cette campagne comme une opération en six phases. Ce calendrier annoncé décrit un projet militaire ; il ne démontre pas que les forces disposent déjà des moyens nécessaires pour agir simultanément sur toutes les lignes.1
Le chercheur en questions militaires et stratégiques Ali al-Dhahab avance deux contraintes distinctes pour le camp gouvernemental. La première tient aux capacités : ses formations ne seraient pas en mesure d’ouvrir les fronts décisifs nécessaires pour freiner les Houthis tout en maintenant leur propre offensive. La seconde est politique : des volontés divergentes entre alliés pourraient peser différemment d’une région à l’autre. Les divisions du camp gouvernemental posent donc une autre question que celle des effectifs disponibles : pouvoir combattre et s’accorder sur les priorités ne sont pas la même chose. Ces explications restent les hypothèses du chercheur, pas des causes établies indépendamment.1
Pour les Houthis, Ali al-Dhahab propose une lecture centrée sur les accès au littoral. Il interprète leur concentration sur la côte occidentale, Bab el-Mandeb et Taëz comme une volonté de consolider et de sécuriser leurs gains. Dans cette hypothèse, les combats à l’intérieur de Taëz ne sont pas séparés de l’enjeu côtier : les hauteurs, les routes et les passages vers Dhobab et Ras al-Ara permettraient de protéger les approches du détroit. L’importance d’un front tiendrait alors moins à sa seule proximité avec la mer qu’aux accès qu’il commande.1
La source
Signaler une erreur- 1Aaljazeera.netلماذا تشتعل جبهات وتهدأ أخرى في اليمن؟ (nouvel onglet)
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