Accueil ActualitéNaufrage au large d’Agde : le patron pêcheur rejugé après la mort de deux marins

Naufrage au large d’Agde : le patron pêcheur rejugé après la mort de deux marins

par Lea
France

Le patron pêcheur Christian Arnaud, 66 ans, est rejugé devant la cour d’appel de Montpellier après une condamnation prononcée en 2023 par le tribunal judiciaire de Béziers. Il avait été reconnu coupable de travail dissimulé — Sébastien Gil n’était pas déclaré — et d’homicides involontaires liés au naufrage du Romain Luca, au large d’Agde, lors de la nuit du 29 au 30 novembre 2020. Il est aujourd’hui le seul survivant de cette affaire qui a coûté la vie à deux marins, Sébastien et Christophe Gil, âgés respectivement de 23 et 33 ans; leurs corps n’ont été retrouvés que quatre jours après le naufrage, à des profondeurs de 10 et 25 mètres près de l’épave.

Durant l’audience, Arnaud a soutenu qu’il avait fait tout son possible et a exprimé ses regrets. Le président de la cour l’a interrogé sur sa culpabilité, pendant près de quatre heures. Le pêcheur a répété qu’il regrettait la tragédie et qu’il avait été très proche des deux jeunes, avec qui il disait partager une grande complicité.

Les débats ont mis en lumière des difficultés techniques: le petit chalutier ne pouvait accueillir que deux personnes, alors que le soir du drame le trio se trouvait à bord. Selon le récit du prévenu, le bateau a commencé à prendre l’eau dans des creux d’environ 1,5 m; dans la panique, il aurait ordonné à ses marins de sauter à l’eau et Sébastien et Christophe se seraient accrochés à la coque avant de disparaître. Arnaud affirme n’avoir pas eu le temps d’alerter les secours, ni de mettre le canot de sauvetage ni de fournir des gilets de sauvetage, présents dans la cabine et pourtant non portés ce soir-là. L’épave ayant été retrouvée bien au-delà des zones autorisées pour la pêche, les débats ont évoqué plusieurs infractions, dont la gravité et la portée restent contestées.

« Aucun marin ne porte jamais le gilet de sauvetage pour travailler », s’est défendu le pêcheur, qui affirme avoir tenté d’appeler un collègue sur les ondes, ce qui n’a pas été établi. Selon ses avocats, tout est allé très vite, entre peur, stress et conditions météo difficiles; il dit avoir fait ce qu’il pouvait et s’en veut.

Bateau épave sorti de l’eau
Le bateau épave sorti de l’eau plusieurs mois après le drame.

« Vous avez eu 12 à 15 minutes entre la voie d’eau et le chavirement, au minimum. Le temps n’est pas si rapide que cela », a remarqué le président. Une assesseure a aussi demandé ce que le prévenu avait réellement fait pour alerter les secours, ce qui a renforcé les doutes sur l’efficacité des gestes d’urgence.

Romain Luca remonte
Le Romain Luca a été remonté et examiné après le naufrage.
Romain Luca à proximité du port
Le Romain Luca quelques jours après avoir été ramené au port pour expertises.

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