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ONU appelle 2026: plan hyperpriorisé malgré l’apathie mondiale

par charles
Gaza, Soudan, Haïti, Birmanie, RDC, Ukraine

L’ONU a fustigé lundi l’apathie du monde face aux souffrances de millions de personnes et a lancé son appel humanitaire 2026, cadré par un financement en chute libre. Le plan, resserré et qualifié d’hyperpriorisé, vise à aider des dizaines de millions de personnes dans des zones touchées par les conflits, les épidémies et les effets du changement climatique. L’ONU détaille des chiffres, des priorités et des appels à la solidarité, tout en soulignant que les fonds restent insuffisants dans le contexte actuel.

Appel humanitaire 2026: un plan restreint malgré les besoins

Le plan 2026 prévoit environ 30,4 Md€ pour soutenir 135 millions de personnes, et l’ONU souligne une demande initiale de 33 Md$ pour Gaza, le Soudan, Haïti, la Birmanie, la RDC et l’Ukraine. Cette enveloppe s’inscrit dans un cadre hyperpriorisé et vise à réformer l’efficacité du système humanitaire tout en restant adapté aux financements disponibles. L’ONU indique qu’il s’agit d’un cadre resserré répondant aux contraintes budgétaires et temporelles.

« C’est une époque de brutalité, d’impunité et d’indifférence », s’est emporté lors d’une conférence de presse à New York le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, dénonçant la « férocité et l’intensité des tueries », le « mépris total du droit international » et les « niveaux terrifiants de violences sexuelles ».

« Une époque où notre sens de la survie a été engourdi par les distractions et corrodé par l’apathie, où nous mettons plus d’énergie et d’argent pour trouver de nouveaux moyens de nous entretuer, tout en démanteler les moyens durement gagnés de nous protéger de nos pires instincts, où les politiciens se vantent de couper les aides », a-t-il ajouté en présentant le plan humanitaire 2026.

Tom Fletcher lors d'une conférence à New York
Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU

« Nous ne demandons qu’à peine un peu plus de 1% de ce que le monde dépense en armes et en programmes de défense. Je ne demande pas aux gens de choisir entre un hôpital à Brooklyn ou un hôpital à Kandahar. Je demande au monde de dépenser moins en défense et plus en humanitaire », a déclaré l’ONU, plaçant l’accent sur une mobilisation sur les 87 prochains jours et, si nécessaire, une extension vers la société civile et le secteur privé pour combler les lacunes.

Priorités et crises: Gaza, Soudan et autres

En tête des crises en 2026, Gaza et la Cisjordanie requièrent 4,1 Md$ pour aider 3 millions de personnes, et le Soudan 2,9 Md$ pour 20 millions, avec un flux important de déplacés dans ce pays et dans les zones voisines. Parmi ces déplacés, une jeune mère rencontrée par Tom Fletcher au Darfour illustre la réalité des violences et des exils forcés: elle a vu son mari et son enfant être tués, puis s’être enfuie avec le bébé après avoir été attaquée et violée sur une route aujourd’hui décrite comme l’une des plus dangereuses du monde.

« Est-ce que quiconque, quel que soit d’où vous venez, ce que vous pensez, pour qui vous votez, pense qu’on ne devrait pas l’aider! », a-t-il rapporté en évoquant ce témoignage. L’ONU va désormais frapper à la porte des gouvernements de la planète pendant les 87 prochains jours, un jour pour chaque million de vie à sauver, et prévoit d’élargir le champ d’action vers la société civile et les entreprises si les financements manquent encore.

Selon les chiffres de l’ONU, en 2025 l’appel humanitaire de plus de 45 milliards de dollars n’a été financé qu’à hauteur d’un peu plus de 12 milliards, « le plus bas en une décennie ». Les États-Unis demeurent le premier pays donateur, mais leur apport a chuté à 2,7 Md$ en 2025, contre 11 Md$ en 2024, ce qui reflète un recentrage des priorités budgétaires américaines sur d’autres secteurs.

Mère déplacée au Darfour témoignage des déplacements
Contexte des déplacements en marge des conflits

Parmi les crises prioritaires en 2026, Gaza et la Cisjordanie se voient attribuer 4,1 Md$ pour 3 millions, et le Soudan 2,9 Md$ pour 20 millions, tandis que la situation des déplacés dans plusieurs pays reste préoccupante et demande une meilleure coordination internationale pour éviter les retards et les gaspillages dans l’aide.

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