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    Tara Polar Station : l’ISS du Pôle Nord pour l’exploration scientifique

    France

    Imaginez un équipage de douze personnes coincé dans un navire prisonnier de la glace, plongé dans la nuit permanente au cœur de l’Arctique pendant six mois. Ce scénario, loin d’être une fiction, décrit la vie à bord de la Tara Polar Station, le nouveau navire d’exploration scientifique de la Fondation Tara Océan. Destinée à étudier l’Arctique sur une période de vingt ans, cette station polaire offre une expérience comparable à celle des astronautes, comme l’explique Thomas Pesquet, parrain du projet : « Ce qui sur Terre et sur mer se rapproche le plus de l’aventure spatiale, c’est ce que vous avez devant vous : Tara Polar Station ».

    Un environnement hostile au cœur de l’Arctique

    Conçue pour rester enfermée dans la glace et dériver avec elle, la Tara Polar Station cible l’Arctique, seul océan polaire de la planète. Pendant l’hiver, l’équipage, composé de six scientifiques, quatre marins, un journaliste et un médecin, devra faire face à des températures extrêmes allant de -20 à -25 degrés Celsius, avec des pointes atteignant -50 degrés. La nuit polaire permanente durera six mois, accentuant la difficulté de cette mission dans l’un des endroits les plus isolés et inhospitaliers au monde, selon Loïc Vallette, responsable technique et capitaine de l’expédition.

    Ce milieu extrême, rappelant l’espace de la Station spatiale internationale, impose une autonomie totale. Chaque expédition embarquera 10 tonnes de nourriture tandis qu’une station de désalinisation produira 300 litres d’eau potable par heure, couvrant ainsi les besoins journaliers estimés à 1 000 litres. Les évacuations sanitaires, bien que possibles, restent délicates à organiser : « Dépêcher des hélicoptères en pleine nuit polaire n’est pas une mince affaire », précise Loïc Vallette.

    Confinement extrême et polyvalence de l’équipage

    Le confinement, comparable à celui vécu dans l’ISS, est une réalité incontournable. L’équipage d’hiver, soumis à huit mois à bord dont six en nuit polaire, devra cohabiter dans un espace restreint, un véritable défi selon Clémentine Moulin, directrice des opérations : « Le soir, on ne peut pas rentrer chez soi pour se ressourcer, on peut seulement fermer la porte de sa cabine avant de reprendre le lendemain avec les mêmes personnes. »

    L'hiver, chaque membre de l'équipage aura sa propre cabine afin de pouvoir garder des moments seul pendant la longue nuit polaire.

    L’hiver, chaque membre de l’équipage dispose d’une cabine individuelle pour préserver des moments de solitude pendant la longue nuit polaire. – M. Minaca / 20 Minutes

    L’équipage sera porté à 18 personnes lors des rotations trimestrielles au printemps et en été, ce qui requiert une grande polyvalence. Les scientifiques, au nombre de six, devront gérer plusieurs tâches et superviser les protocoles pour les équipes restées à terre. Tous les membres, qu’ils soient marins, journalistes ou scientifiques, participeront également à la maintenance du navire et à la vie quotidienne.

    Une sélection rigoureuse et une formation spécifique

    Les conditions de vie à bord impliquent une sélection stricte des équipiers. Bien que moins sévère que celle des astronautes, le recrutement impose des exigences médicales et psychologiques strictes, souligne Loïc Vallette. Chaque membre suivra des formations adaptées :

    • Stages de survie pour faire face à un éventuel séjour sur la glace.
    • Apprentissage des techniques de défense contre les ours polaires pour les marins.
    • Formation scientifique au Canada dans une station polaire spécialisée pour les chercheurs.
    • Préparation médicale spécifique au grand froid dispensée par des experts de Chamonix pour le médecin de bord.

    La cohésion du groupe est également essentielle, Clémentine Moulin insistant sur l’importance d’un « groupe qui s’entend bien et qui communique bien », réunissant des personnes de différentes nationalités et disciplines.

    Science spatiale et océanique : des liens étroits

    Au-delà des similitudes dans les conditions de vie, la science menée à bord de la Tara Polar Station rejoint certains objectifs de la recherche spatiale. L’étude de la biodiversité arctique, notamment la présence d’organismes sous la banquise, éclaire la recherche de vie extraterrestre. Marcel Babin, responsable scientifique, explique : « On a un océan liquide, couvert par une banquise, où l’on suspecte des organismes vivants, semblables à ceux que l’on pourrait retrouver sous les glaces de certaines lunes du système solaire, comme Europe, une lune de Jupiter. »

    Cette convergence scientifique encourage la collaboration, avec des projets comme le test d’un spectromètre de masse miniaturisé dans des conditions extrêmes, pouvant être utilisé un jour sur une sonde spatiale. Le CNES, l’agence spatiale française, apporte également son appui, notamment sur les aspects physiologiques liés aux conditions extrêmes.

    Thomas Pesquet, très attaché à cette station, se réjouit de ce parallèle unique entre exploration polaire et spatiale : « C’est super d’aller dans l’espace, il faut continuer, mais il faut aussi apprendre à mieux connaître notre Terre, car nous avons des défis à relever ici aussi. »

    source:https://www.20minutes.fr/planete/4150814-20250504-pourquoi-tara-polar-station-nouveau-navire-scientifique-veritable-iss-pole-nord?at_medium=display&at_campaign=149

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