Liam Rosenior a annoncé mardi son départ de Strasbourg pour Chelsea, club londonien appartenant au même groupe BlueCo. Cette décision intervient au moment où les supporters du Racing clament leur désaccord avec la politique du propriétaire et de la multipropriété qui lie le club à ce consortium américain. Rosenior, qui avait permis au RCSA de se qualifier en Coupe d’Europe l’an dernier, va quitter le club moins d’une semaine après l’éviction d’Enzo Maresca par BlueCo.

Les ultras dénoncent l’asservissement du Racing
La démission de l’entraîneur et le transfert alimentent une fronde déjà nourrie par les décisions prises par BlueCo. Les ultras réclament que le Racing retrouve son identité et dénoncent l’asservissement du club à Chelsea, un phénomène devenu central dans les débats autour du club. Le sujet est soutenu par les critiques qui affirment que la multipropriété fragilise l’indépendance du club.
Lors de sa conférence de presse d’adieu, Rosenior a cherché à apaiser les tensions en affirmant que Strasbourg n’était pas là pour servir les intérêts d’un autre club. Il a ajouté que l’opportunité ne se refuse pas et que ses joueurs lui étaient « très contents » pour cette étape. Cependant, les propos ont été reçus avec circonspection par certains supporters.
Lundi, l’entraînement du Racing s’est déroulé sans lui et dirigé par les adjoints pendant qu’il rencontrait les dirigeants de Chelsea. Un fidèle présent à la séance a résumé la situation: « Cela aurait été un autre club, cela aurait été différent. Mais le fait que ce soit Chelsea, ça empire la chose. » D’autres ont exprimé leur déception face à une transition qui leur semble précipitée.
Les Ultras ont lancé une grève des encouragements, et les quatre principaux groupes ont cessé leurs chants habituels. En réponse, le club a renforcé des mesures de répression: accès aux locaux limité, validation préalable des messages visuels, billets nominatifs et présence des stewards dans le kop. Ces mesures ont été perçues comme une tentative de contenir la fronde.
Le départ pourrait être un tournant pour le club. Alain Deloin, abonné au Stade de la Meinau depuis une quinzaine d’années, affirme que son siège restera vide et qu’il n’ira plus au stade pour protester autrement. Il estime que c’est la manière la plus ferme d’exprimer son ressentiment.
Après la conférence, la Fédération des supporters a demandé la démission du président Marc Keller, jugeant que le transfert marque une étape humiliante dans l’asservissement du Racing à Chelsea. Le groupe rappelle que le problème dépasse l’impact sportif et touche l’avenir du football de club français. Il avertit que chaque contorsion du club est une menace pour le travail accompli avant 2023.
Des supporters décrivent leur impuissance face à ces dynamiques, et regrettent de ne pas pouvoir retenir des éléments clés. Emanuel Emegha et Mamadou Sarr, cités comme exemples, ont été laissés partir dans le cadre du système. Le timing et les décisions prises échappent en grande partie au club.
Pourtant, Strasbourg reste sur une série de 68 matchs à guichets fermés en Ligue 1, porté par des résultats positifs. La multipropriété est présentée comme une source potentielle d’instabilité qui pourrait remettre en question cette dynamique à l’avenir. Le parallèle est fait avec Girona, club catalan lié à un grand nom du football anglais, qui a connu une ascension suivie d’une chute et d’un maintien incertain cette saison.

Cette affaire met en lumière les tensions autour de la propriété partagée et leur impact sur l’équilibre des clubs européens. Elle rappelle que les décisions à la tête des clubs peuvent résonner bien au-delà du terrain. Le chemin à venir pour Strasbourg reste incertain.