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En Bade-Wurtemberg, malgré une baisse constante du nombre de fidèles chrétiens, le Tanzverbot à Karfreitag demeure en vigueur par respect pour la tradition religieuse. Chaque année, ce sujet ravive le débat sur la pertinence de cette interdiction dans une société en pleine évolution.
Une interdiction stricte encadrée par la loi
Le Tanzverbot, ou interdiction de danser, s’applique dans ce Land allemand entre le jeudi saint à 18 heures et le samedi saint à 20 heures. Cette mesure concerne les lieux publics, y compris les clubs et associations, même lors d’événements privés dans des salles louées. Cependant, des exceptions peuvent être accordées sous forme d’autorisations spéciales, notamment pour des manifestations liées à l’art, à la science ou à l’éducation populaire.
Par ailleurs, les manifestations sportives sont interdites le jour du Vendredi saint, et au cinéma, seules les projections conformes au caractère du jour sont autorisées. Cette année, seul le film d’horreur « The Monkey » est interdit. Selon la Freiwilligen Selbstkontrolle der Filmwirtschaft (FSK), aucun film n’avait été diffusé sans autorisation spécifique le Vendredi saint précédent.
Des positions contrastées face au Tanzverbot
Les défenseurs du Tanzverbot insistent sur le caractère sacré de ce jour, symbole de souffrance et de recueillement. Dr Jörg Schneider, de l’Église évangélique régionale, souligne que ce jour invite les individus à porter leur attention vers autrui et vers le monde, au-delà des préoccupations personnelles.
À l’inverse, certains acteurs du monde de la nuit contestent cette interdiction. Thomas Filimonova, propriétaire du club « LKA Longhorn », organise chaque année un événement spécial grâce à une dérogation. À défaut, il estime une perte financière de près de 7 000 euros. Il affirme avec fermeté que l’Église ne doit pas dicter les moments où il est permis de danser.
Un cadre légal qui évolue lentement
Depuis une légère assouplissement introduit en 2015, la réglementation reste globalement rigide. Thomas Strobl, ministre de l’Intérieur du Bade-Wurtemberg (CDU), ne perçoit pas la nécessité de modifications supplémentaires. Il rappelle que de nombreuses autres dates sont disponibles pour les fêtes et événements publics.
Pour lui, les jours fériés religieux restent des piliers des valeurs chrétiennes, de la culture et des traditions populaires. « Le Vendredi saint est un jour sacré, le seul avec une interdiction totale de manifestations et de danse », explique-t-il, insistant sur la nature silencieuse et la signification solennelle de cette journée.