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Le resvératrol, un composé présent dans le vin rouge, les raisins, les myrtilles et les cacahuètes, suscite l’attention des chercheurs en santé. Un essai clinique récemment lancé au Royaume-Uni vise à évaluer les effets de faibles doses de ce composé sur la prévention du cancer colorectal.
Un essai prometteur
Ce projet de recherche, l’un des plus importants à ce jour concernant les médicaments préventifs contre le cancer, recrutera des patients à risque. Le professeur Karen Brown, chercheuse en oncologie à l’Université de Leicester et investigatrice principale de l’étude, déclare : « Avec l’essai Colo-Prevent, nous entamons une expérience unique pour voir comment les médicaments pourraient empêcher la croissance des polypes intestinaux. Cet essai pourrait avoir de grandes implications pour la prévention du cancer colorectal chez les personnes les plus susceptibles de développer la maladie en vieillissant. »
Fonctionnement de l’étude
Cette recherche s’appuie sur plus de dix ans de travaux du laboratoire de Brown, qui a précédemment démontré que le resvératrol pur peut ralentir la croissance des tumeurs chez les souris et atteindre le côlon sans être digéré. L’essai recrute des participants âgés de 50 à 73 ans qui ont participé au programme de dépistage du côlon du NHS et ont été diagnostiqués avec des polypes, de petites excroissances généralement bénignes, mais pouvant évoluer vers un cancer si elles ne sont pas traitées.
Les patients subiront une ablation des polypes avant de recevoir soit de l’aspirine seule, soit une combinaison d’aspirine et de metformine (un médicament pour le diabète) quotidiennement pendant trois ans. D’autres participants recevront du resvératrol pur ou un placebo pendant un an dans le cadre d’une sous-étude.
Impacts et témoignages
Après avoir été traitée pour un cancer de la prostate il y a onze ans, David Trusler, 66 ans, de Market Harborough, est l’un des premiers patients à participer à l’essai Colo-Prevent. Il explique son engagement en mémoire de son père, décédé du cancer colorectal alors qu’il était adolescent : « Je participe à cet essai pour mon père, afin d’offrir aux générations futures les traitements qu’il n’a jamais eus. »
Les médecins ont découvert chez Trusler deux polypes, qui pourraient évoluer vers un cancer à l’avenir. « Ma première pensée fut ‘Oh non, pas encore’. J’étais très nerveux de ce qu’ils pourraient trouver », confie-t-il.
Prévention du cancer colorectal
Le professeur Brown souligne qu’il existe des moyens efficaces de réduire le risque de cancer colorectal par des changements de mode de vie, tels que l’arrêt du tabac, le maintien d’un poids santé, la réduction de la consommation d’alcool et la diminution de la consommation de viande rouge et transformée. « Le dépistage a fait de grands progrès pour détecter les cancers du côlon chez les personnes les plus à risque. Mais pour améliorer encore les résultats, nous devons prévenir l’émergence de nouveaux cancers du côlon », ajoute-t-elle.
Le cancer colorectal est le quatrième cancer le plus courant au Royaume-Uni, avec environ 44 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, et il constitue la deuxième cause de décès par cancer.
Une nouvelle ère pour la recherche sur le cancer
Dr Iain Foulkes, directeur exécutif de la recherche et de l’innovation chez Cancer Research UK, déclare : « Cet essai ouvre la voie à une nouvelle ère de recherche sur le cancer, où celui-ci devient beaucoup plus préventif grâce à la science de pointe. Les connaissances acquises lors de cet essai changeront notre façon de penser la prévention du cancer et donneront à un plus grand nombre de personnes la chance de mener des vies plus longues et meilleures, sans la peur du cancer. »