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Origine et utilisation du cannabis
Originaire de l’Asie centrale, le cannabis a longtemps été utilisé dans la pharmacopée médicinale pour ses propriétés antispasmodiques, analgésiques et euphorisantes. Introduit en Europe au XIXe siècle, son usage s’est depuis largement répandu au monde entier. C’est d’ailleurs aujourd’hui le produit illicite le plus consommé en France. Selon le baromètre de Santé publique France et l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les usages de cannabis des adultes, en 2020, plus de 5 hommes sur 10 ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie (55%) contre moins de 4 femmes sur 10 (38%). Chez certains sujets, le cannabis peut déclencher des troubles psychotiques.
Définition : qu’est-ce qu’une psychose cannabique ?
Comme son nom l’indique, la psychose cannabique est une forme de psychose induite par la consommation de cannabis.
Prévalence de la psychose cannabique
« La psychose cannabique est un phénomène relativement rare (un consommateur sur 200), précise d’emblée le Dr Lisa Blecha. Mais, les produits qui circulent actuellement sur le marché et qui contiennent des teneurs de plus en plus élevées de THC augmentent le risque de développer des symptômes de psychose. » Une méta-analyse de 35 études publiée dans The Lancet montre une augmentation du risque de psychose de 40 % chez les sujets ayant consommé du cannabis au cours de leur vie.
Symptômes de la psychose cannabique
Les symptômes de la psychose cannabique se manifestent principalement par :
- des hallucinations visuelles, auditives, olfactives ou gustatives;
- des idées délirantes ;
- des pensées très désorganisées ;
- une anxiété importante (trouble anxieux).
« La psychose est une rupture avec la réalité qui rend difficile la distinction entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas », indique le Dr Lisa Blecha.
Facteurs de risque de la psychose cannabique
Certains facteurs génétiques et environnementaux augmentent le risque de développer une psychose cannabique :
- la consommation à un jeune âge ;
- une vulnérabilité génétique ou des antécédents personnels ou familiaux de troubles psychotiques (schizophrénie, bipolarité…) ;
- le stress ou la fatigue.
Effets des cannabinoïdes sur le cerveau
Pour comprendre les effets des cannabinoïdes sur notre cerveau, il faut d’abord s’intéresser au système endocannabinoïde. Chez l’être humain, ce système joue un rôle essentiel dans la régulation de nombreux processus physiologiques.
- Régulation du sommeil, de l’appétit et de la digestion ;
- Régulation de la douleur, de l’humeur (anxiété, stress…), de la mémoire et de l’apprentissage.
Le système endocannabinoïde comprend :
- des récepteurs cannabinoïdes appelés CB1 et CB2 ;
- des endocannabinoïdes, molécules produites naturellement par le corps.
Diagnostic de la psychose cannabique
Pour diagnostiquer une psychose cannabique, l’approche clinique est cruciale. « L’entourage ne reconnaît plus la personne, confie la psychiatre. Souvent, ce sont d’ailleurs des membres de la famille ou des amis qui vont amener le sujet aux urgences.
Outre l’examen clinique, un dépistage urinaire permettra de détecter la présence de THC dans les urines.
Traitement de la psychose cannabique
Bien que les symptômes d’une psychose cannabis soient généralement temporaires et disparaissent dans les jours qui suivent l’arrêt de la consommation, il arrive qu’ils persistent dans le temps. « Les troubles psychotiques induits par le cannabis sont généralement des épisodes brefs, confirme la spécialiste.
Les épisodes peuvent néanmoins récidiver voire évoluer vers une schizophrénie. Afin d’améliorer le pronostic à long terme, il est crucial que les patients cessent leur consommation de cannabis.