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Leçons de Gouvernance : Les Erreurs de Poutine selon Ngaire Woods

Par Sara 2 min de lecture France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis

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Les erreurs de gouvernance des dirigeants, en particulier celles de Vladimir Poutine, suscitent de nombreuses interrogations. Ngaire Woods, doyenne de la Blavatnik School of Government à l’université d’Oxford, apporte un éclairage intéressant sur ce phénomène. Selon elle, les erreurs stratégiques sont souvent le résultat d’une concentration excessive de pouvoir chez un dirigeant, qui peut conduire à des décisions catastrophiques.

La nature du pouvoir et ses pièges

Woods explique que plus un dirigeant détient de pouvoir, plus il a tendance à se mettre des œillères. « L’invasion de l’Ukraine par Poutine en 2022 illustre plusieurs des pièges du pouvoir », souligne-t-elle. Ces pièges incluent :

  • Se croire au-dessus des règles.
  • Surestimer l’impact de sa force sur la réalisation des objectifs.
  • Refuser de demander conseil et ignorer les mauvaises nouvelles.

Elle met en avant que Poutine, tout en justifiant son invasion par le droit international, a violé des lois fondamentales, notamment la Charte des Nations unies.

Une tendance historique

Woods n’hésite pas à affirmer que ces faiblesses ne sont pas propres aux dirigeants autoritaires. « Tout dirigeant démocratique peut tomber dans les mêmes pièges ». Elle prend l’exemple des Néerlandais en Indonésie et des Français en Algérie, qui ont cru que leur supériorité militaire suffirait à dominer les forces nationalistes après la Seconde Guerre mondiale. Robert McNamara, ancien secrétaire américain à la défense, a également reconnu que les États-Unis auraient dû écouter les Français pendant la guerre du Vietnam.

Les erreurs des dirigeants démocratiques

Woods affirme que croire que les dirigeants démocratiques sont moins enclins à ces erreurs est dangereux. « Des décisions tragiques, comme l’invasion de l’Irak par le Royaume-Uni aux côtés des États-Unis, montrent que même les démocrates peuvent agir de manière imprudente ». Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, aurait ignoré les conseils et pris des décisions sur la base de discussions informelles, ce qui a mené à un jugement éclairé de la situation affaibli.

Les femmes au pouvoir

Woods aborde également la question des femmes dirigeantes et leur susceptibilité à ces pièges. Bien que certaines études suggèrent que les femmes sont plus enclines à demander conseil, elle souligne que, dans des positions de pouvoir, elles sont confrontées aux mêmes défis que leurs homologues masculins. Margaret Thatcher, par exemple, est devenue vulnérable aux erreurs de pouvoir malgré sa réputation de leader pragmatique.

Conclusion sur le pouvoir

Enfin, Woods évoque le cas de Donald Trump, qui utilise son imprévisibilité comme atout stratégique. Selon elle, la surestimation de la force militaire peut parfois être efficace pour arrêter des événements, mais s’avère souvent inefficace pour établir un changement durable.

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