La réponse courte
En Chine, les prix à la production ont augmenté de 5 % sur un an en septembre 2026, leur progression la plus rapide depuis juin 2022. Les prix à la consommation n’ont, eux, progressé que de 0,9 %. Les données publiées le 14 octobre montrent ainsi une forte poussée en sortie d’usine, sans accélération comparable pour les consommateurs : ces deux indices ne mesurent pas les prix au même stade.1
Le premier indicateur suit les prix à la sortie des usines ; le second porte sur les prix à la consommation. Le taux de 5 % ne décrit donc pas une hausse de 5 % des achats des ménages. Il ne représente pas non plus une augmentation déjà acquise qui attendrait simplement de se retrouver dans l’autre indice. En septembre, les deux mesures racontent des mouvements différents : la hausse annuelle des prix à la production passe de 3,8 % à 5 %, tandis que celle des prix à la consommation ne monte que de 0,8 % à 0,9 %.1
La transmission entre ces deux stades n’est pas automatique. Le renchérissement du pétrole et des matières premières accroît les pressions sur les coûts des fabricants, mais la faiblesse de la demande intérieure limite leur répercussion sur les consommateurs. Pour comprendre l’écart, il faut donc distinguer l’impulsion venue des coûts industriels de sa diffusion aux prix de consommation. Une pression forte en amont peut coexister avec une hausse beaucoup plus modérée en aval.1
Même du côté des consommateurs, le chiffre global ne suffit pas à mesurer la diffusion des hausses. Comme pour lire l’inflation dans la zone euro, séparer le mouvement d’ensemble de celui des composantes les plus volatiles aide à préciser le diagnostic. En Chine, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, reste à 1 % sur un an en septembre, comme en août. La légère accélération de l’indice général ne s’accompagne donc pas d’une accélération de cette mesure hors alimentation et énergie.1
L’essence illustre cette différence entre une hausse spectaculaire et le résultat d’ensemble : ses prix ont bondi de 16,6 % sur un an et contribué à hauteur d’environ 0,47 point à la progression de l’indice des prix à la consommation. Ce mouvement n’est donc pas celui de tous les prix. Pour septembre, le constat est celui d’une transmission limitée des tensions industrielles, pas d’une absence de hausse pour les consommateurs ni d’un rattrapage futur déjà annoncé.1
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