La réponse courte
Une contraction de 1,3 % en 2026, puis une croissance de 6,6 % en 2027 : les prévisions présentées le 15 octobre par le Fonds monétaire international (FMI) dessinent un net rebond pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Pakistan. Mais ce redémarrage ne signifierait pas que les pertes seraient effacées. Pour les économies exportatrices de pétrole directement touchées par la guerre, la production resterait inférieure à la trajectoire envisagée avant le conflit.1
Deux comparaisons sont donc nécessaires pour lire cette prévision. La croissance de 2027 mesure l’évolution de la production par rapport à 2026, une année de contraction. Le rattrapage de la trajectoire d’avant-guerre pose une autre question : l’économie produirait-elle autant que ce qui était attendu sans le conflit ? Une hausse rapide après le recul peut répondre à la première question sans suffire à la seconde. C’est précisément la situation prévue pour les exportateurs directement affectés : l’activité repartirait, mais resterait en deçà du niveau auparavant attendu à moyen terme.1
Le pétrole aide à comprendre cet écart. Un prix élevé ne protège pas nécessairement un pays exportateur lorsque celui-ci ne peut plus acheminer normalement sa production. Les perturbations des exportations par le détroit d’Ormuz ont entraîné d’importantes pertes de production et de recettes publiques dans les pays du Golfe, malgré la hausse des cours. Le retour des flux d’énergie permettrait ainsi de relancer l’activité, sans annuler les dommages déjà subis. Les infrastructures endommagées nécessiteraient aussi des dépenses supplémentaires.1
Le calendrier de cette remise en route est une condition du rebond, pas un résultat acquis. Le scénario suppose une reprise normale du commerce et du transport maritime au premier trimestre 2027, puis un retour progressif des exportations à la normale d’ici le milieu de l’année. Il dépend également de la capacité des pays à préserver leur stabilité macroéconomique. Une nouvelle perturbation de la production énergétique ou des routes maritimes fragiliserait donc les conditions sur lesquelles repose la prévision.1
Il faut enfin distinguer le chiffre régional de la situation de chaque économie, comme il faut séparer les moteurs de la croissance mondiale de son résultat d’ensemble. Les 6,6 % prévus ne sont pas une promesse de croissance identique pour tous les pays. Les exportateurs directement touchés connaîtraient un fort mouvement de recul puis de reprise ; les économies importatrices de pétrole ont, elles, montré une résilience que le FMI s’attend à voir se maintenir. Le rebond régional réunit ainsi des trajectoires différentes, et non un retour uniforme à la normale.1
La source
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