Raphaël Boukandoura, journaliste français, a été interpellé lundi 19 janvier 2026 à Istanbul lors d’un rassemblement du parti pro-kurde DEM, pour dénoncer l’offensive syrienne dans le nord-est de la Syrie, selon Reporters sans frontières et plusieurs médias. Correspondant en Turquie depuis neuf ans pour Courrier international et collaborant avec Ouest-France et Mediapart, il est au cœur d’appels à sa libération immédiate. RSF demande l’abandon des charges et assure que la liberté d’informer est un droit fondamental. La diplomatie française suit la situation de près et se tient prête à assurer la protection consulaire si nécessaire.
À Istanbul, arrestation lors d’un rassemblement pro-kurde
Selon RSF, Boukandoura était présent lors d’un rassemblement du DEM dans le quartier de Sarıgazi, à Istanbul, pour couvrir les événements liés à l’offensive syrienne dans le nord-est de la Syrie. Il « déclare avoir subi des mauvais traitements pendant cette arrestation », selon RSF, et il est resté « plusieurs heures sans voir ses avocats », ce qui est jugé inacceptable par l’ONG. Boukandoura est correspondant en Turquie depuis neuf ans et travaille pour Courrier international et Ouest-France. RSF rappelle qu’il « n’était pas un manifestant » et que « le droit d’informer est un droit fondamental ».

Réactions et appels à la libération
La communauté médiatique française s’est mobilisée dès lundi. L’hebdomadaire Courrier international, Libération, Ouest-France et le site Mediapart ont déclaré qu’il ne faisait qu’exercer son métier en couvrant cette manifestation et ont demandé sa libération immédiate. La direction de Courrier international et la Société des journalistes ont ajouté que « La liberté d’informer est un droit essentiel ». Boukandoura est « un excellent professionnel, installé en Turquie depuis 2015 ». « Nous pensons à sa famille », ajoutent-ils.
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a aussi « exigé la libération immédiate » du journaliste, rappelant que « ce journaliste ne faisait qu’exercer son métier ». RSF dénonce « une grave injustice » et appelle les autorités à « revenir sur cette grave injustice ». Erol Önderoğlu, représentant de RSF, a déclaré qu’il est « inacceptable que le journaliste français, présent à Sarıgazi (Istanbul) pour couvrir une manifestation, se retrouve arbitrairement en garde à vue ». RSF rappelle que la Turquie se situe à la 159e place sur 180 dans son classement de la liberté de la presse, entre le Pakistan et le Venezuela. En mars 2025, quatre journalistes, dont un photographe de l’AFP, Yasin Akgül, avaient également été arrêtés par les forces de l’ordre turques pour participation à une manifestation interdite qu’ils couvoyaient dans l’exercice de leur métier. Détenu pendant quatre jours, Yasin Akgül a été jugé et finalement relaxé en novembre ainsi que ses trois de ses confrères.

Contexte diplomatique et suivi légal
Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué avoir été informé de l’arrestation et que notre ambassade en Turquie, avec le consulat général à Istanbul, suit la situation de près et se tient prête à exercer la protection consulaire. RSF rappelle que la Turquie est classée 159e sur 180 dans son indice de liberté de la presse. L’arrestation s’inscrit dans un contexte où des journalistes ont été interpellés lors de manifestations liées à des événements régionaux; en mars 2025, quatre journalistes avaient été arrêtés et relâchés plus tard.
La coopération entre les autorités françaises et les instances de protection des journalistes demeure au cœur des échanges, tandis que Boukandoura est également journaliste pour Mediapart et le Courrier international. L’affaire met toutefois en lumière les risques rencontrés par les professionnels de l’information à l’étranger lorsqu’ils couvrent des manifestations sensibles.