Lors de ses vœux aux armées, Emmanuel Macron a plaidé pour « des efforts à la mesure de notre rude époque » et évoqué un budget supplémentaire de 36 milliards d’euros pour les armées d’ici à 2030 via une actualisation de la loi de programmation militaire. Il a affirmé que « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », prononçant son discours sur la base aérienne d’Istres, près de Marseille. La loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros, devra être actualisée et adoptée « d’ici le 14 juillet prochain », selon lui, pour permettre « faire face à un engagement majeur d’ici 3 à 4 ans ». L’intervention a détaillé trois priorités et abordé des sujets tels que le service national et les défis en Groenland et en Ukraine.

Un budget 36 milliards et trois priorités pour les armées
Le président a rappelé que la loi de programmation militaire 2024-2030, actuellement fixée à 413 milliards d’euros, « va porter ce changement d’échelle » et doit être actualisée « d’ici le 14 juillet prochain ». Ces 36 milliards d’euros supplémentaires, a-t-il expliqué, servent à « préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d’ici 3 à 4 ans » vis-à-vis d’une Russie perçue comme une menace croissante pour la sécurité européenne. Il a détaillé trois grandes priorités : l’augmentation des « stocks de munitions de tous types » et le renforcement de la « préparation opérationnelle de nos armées »; des moyens pour « garantir notre souveraineté » comme le développement d’un système d’alerte avancée s’appuyant sur des satellites et des radars, et le renforcement des moyens de protection des militaires (défense sol-air et antidrones), de frappe dans la profondeur ou le nombre de drones.
« Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante », sous peine « de se faire sortir du marché », a-t-il mis en garde.
Groenland, présence européenne et Ukraine
Sur le Groenland, convoité par Donald Trump, la France a déjà déployé « une première équipe de militaires » dans le cadre d’une mission militaire européenne, et va dépêcher « dans les prochains jours » de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » dans le territoire autonome danois, a annoncé le chef de l’État. « La France et les Européens doivent continuer partout où leurs intérêts sont menacés d’être là, sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale », a-t-il ajouté.
Sur l’Ukraine, Macron a affirmé que la France fournissait à l’Ukraine « les deux tiers » des « capacités de renseignement » nécessaires dans son conflit face à la Russie, ajoutant que les 34 pays de la Coalition finançaient « 100% » des moyens accordés à Kiev. « Là où l’Ukraine était éminemment dépendante des capacités de renseignement américaines à une écrasante majorité il y a un an, aujourd’hui, les deux tiers sont fournis par la France », s’est-il félicité. Il a aussi évoqué le rôle de la France dans le renseignement et l’aide à Kiev dans ce domaine.
Le chef de l’État a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un objectif pour 2026, promettant que « En septembre prochain, les premiers appelés feront leur classe pour venir renforcer les rangs de nos armées », s’est-il félicité, vantant « une étape décisive » pour donner aux armées des compétences « dont elles ont besoin ». Les chiffres de recrutement prévus montrent une ambition croissante: 3 000 jeunes cette année (1 800 dans l’armée de Terre, 600 dans celle de l’Air et de l’Espace et 600 dans la Marine), puis 4 000 en 2027, 10 000 en 2030 et 42 500 comme horizon en 2035.