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La Turquie et le soutien à l’opposition syrienne : enjeux stratégiques
L’opération lancée par l’opposition syrienne dans le nord de la Syrie soulève de nombreuses questions sur la capacité des différentes composantes de l’opposition à réaliser un progrès significatif qui entraînerait l’effondrement des forces du régime dans plusieurs villes syriennes, et ce, sans soutien externe. Certains ont même remis en question cette opération, en raison du moment choisi pour son annonce.
Ces données peuvent également servir de base à une lecture alternative qui soutient la révolution syrienne et la souffrance du peuple syrien, en réorientant à nouveau l’attention sur le rôle joué par l’Iran dans le soutien au régime, ce qui pousse cet État et ses alliés dans la région à réévaluer leur intervention en Syrie afin de se débarrasser des conséquences morales. Soutenir les droits civiques des Palestiniens ne justifie en aucun cas qu’une partie utilise cela comme prétexte pour agir dans d’autres territoires, notamment en Syrie.
Un regard tourné vers la Turquie
Les regards se tournent vers la Turquie concernant l’opération que l’opposition syrienne a nommée « Repousser l’agression », qui a entraîné un effondrement des forces du régime syrien et de ses soutiens dans plusieurs villes. La Turquie a été accusée d’exploiter l’attention d’Iran sur les tensions régionales et celle de la Russie sur la guerre en Ukraine pour soutenir l’opération de l’opposition dans le nord de la Syrie. Cependant, cette lecture est simpliste et évacue complètement la question syrienne des dynamiques de conflit dans la région depuis plusieurs années.
Il ne faut pas oublier que le peuple syrien s’est soulevé en 2011 contre un régime autoritaire sans pareil dans la région. Ce peuple, en quête de liberté, s’est retrouvé piégé entre les flammes et les conflits internationaux, entraînant des millions de personnes à fuir vers les frontières, notamment vers la Turquie, l’Europe et d’autres pays de la région. La Turquie a été le principal refuge pour les Syriens fuyant le conflit, mais elle en a également été la plus touchée, subissant des répercussions politiques et sociales internes, notamment une augmentation du racisme et une intensification des divisions internes.
Les intérêts entre l’opposition syrienne et la Turquie
Les intérêts de l’opposition syrienne se croisent inévitablement avec ceux de la Turquie, notamment en ce qui concerne le retour des déplacés vers leurs villes d’origine. Néanmoins, il serait inexact de considérer l’opposition syrienne dans son ensemble comme un outil entre les mains de la Turquie, car les révolutions sont par nature des processus longs et dynamiques, avec des changements complexes selon les contextes et les acteurs impliqués.
Pourtant, le coût élevé que la Turquie a dû supporter, sans que de nombreux pays ne respectent leurs engagements, pourrait la contraindre, pour des raisons d’État, à tirer parti des circonstances actuelles. Cela se manifeste par la fragilité révélée des forces syriennes, en raison de l’implication de leurs alliés dans d’autres points de conflit.
Les implications du conflit actuel
Dans le contexte précédent, le refus du régime syrien de négocier pour le retour des déplacés et une transition pacifique du pouvoir a incité l’opposition à lancer son opération militaire. Cela pourrait également légitimer une intervention turque, en raison de la proximité géographique avec le nord de la Syrie et du soutien matériel et politique qu’elle apporte aux déplacés aux frontières et à l’intérieur du pays. Dans cette optique, la question devient une partie intégrante de sa sécurité nationale.
Ainsi, ce qui se passe, qu’il soit planifié indépendamment par l’opposition ou influencé par la Turquie, reflète une intelligence stratégique et sert finalement la cause syrienne. Cela pourrait même marquer un nouveau départ pour la révolution syrienne dans son ensemble, ravivant les questions de changement soulevées par le Printemps arabe.
Les défis des forces pro-régime
Les forces soutenant le régime doivent également revoir la nature de leur intervention en Syrie, en la liant à la cause palestinienne, afin de ne pas servir de justification à leurs pratiques immorales qui se sont prolongées durant plus d’une décennie.
L’opération récente dans le nord de la Syrie représente une opportunité de redéfinir les questions autour de la révolution syrienne, dans un contexte régional et international qui offre à l’opposition de nouveaux espaces de manœuvre.
Les conséquences morales et politiques
La situation actuelle soulève de nombreuses réactions et accusations concernant les événements en cours, souvent au détriment des souffrances prolongées des Syriens, qui sont souvent réduits à de simples menaces pour le projet de résistance.
Ce type de justification constitue un assassinat moral du droit d’un peuple à aspirer à la liberté et à la dignité. En effet, cette pensée est intrinsèquement totalitaire et réprime d’autres expressions politiques et idéologiques. Elle repose sur une polarisation qui exclut d’autres opinions, la rendant ainsi extrême, quelles que soient les croyances politiques ou sectaires qu’elle véhicule.
L’importance de la démocratie
Il est suffisant de dire que l’implémentation de la démocratie en Syrie et dans d’autres pays arabes constituerait sans aucun doute la plus grande victoire pour la Palestine et pour la liberté et la paix en général. Les peuples de la région ont une inclination naturelle pour la justice de la cause palestinienne, qu’ils considèrent comme une priorité absolue.
L’implication dans l’écrasement de la révolution syrienne a été un coup dur sur le plan moral et politique pour les discours qui soutiennent le « projet de résistance », puisque la brutalité du régime syrien et de ses alliés représente un croisement objectif avec d’autres forces internationales et régionales qui s’opposent à la libération dans la région.
Conclusion sur les abus de pouvoir
Les alliés du régime n’ont pas seulement réprimé la révolution par des méthodes brutales, mais des données indiquent qu’il y a eu des efforts pour modifier radicalement la structure sociale et démographique de la Syrie. Le processus de déplacement des Syriens a été accompagné d’une réinstallation d’individus sur la base de leurs arrière-plans sectaires ou confessionnels.
L’aveuglement stratégique dont ces alliés ont fait preuve ne doit pas être reproduit par les autres acteurs en Syrie à l’avenir. Il est essentiel qu’un avenir soit conçu pour intégrer la diversité sociale, tout en garantissant aux gens la liberté, qui est leur bien le plus précieux.