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    Crise politique en France : démission probable de Bayrou et avenir incertain

    France

    Crise politique France : après s’être imposé à Matignon, François Bayrou devrait être contraint de quitter ses fonctions ce lundi 8 septembre, faute d’avoir forgé de compromis sur la dette, déclenchant une crise politique que son arrivée au gouvernement devait résoudre, et lançant une course à sa succession sous la pression des oppositions.

    Crise politique France : démission probable de Bayrou le 8 septembre

    François Bayrou doit prononcer un discours de politique générale à 15 heures, suivi d’un défilé de onze orateurs, puis engager la confiance de son gouvernement en activant l’article 49 alinéa 1 de la Constitution. Sauf énorme surprise, il devrait être contraint de donner sa démission dans la foulée.

    Dans son intervention devant les députés, le Premier ministre a longuement évoqué le fossé entre les jeunes générations et les «boomers», qualifiant les jeunes de «génération sacrifiée», «la base du contrat social» et affirmant que «depuis des décennies, nous avons rompu le contrat de confiance». Il a insisté sur la nécessité d’une «prise de conscience» pour que «les plus avancés en âge unissent leurs efforts».

    Bayrou a ensuite développé son argumentaire sur la dette et le surendettement, liant ce sujet à l’avenir du pays :

    «La soumission à la dette, c’est comme la soumission par la force militaire, dominés par les armes ou dominés par nos créanciers du fait d’une dette qui nous submerge. Dans les deux cas, nous perdons notre liberté et dans les deux cas, il ne tient qu’à nous de nous émanciper, de retrouver le chemin de la liberté»,

    Il a ajouté que cela nécessitait un «effort sur nous-mêmes» et décrit le phénomène comme «une silencieuse, souterraine, invisible hémorragie». Le Premier ministre a mis en relation la maîtrise des dépenses publiques avec d’autres enjeux cités dans son discours : «un immense problème d’éducation nationale», le «déséquilibre démographique», «le vieillissement des Français», «une immense exigence et une inquiétude liée à la sécurité», «les migrations» et «la déstabilisation climatique», parlant d’une «magnifique cathédrale à reconstruire pour un peuple qui le mérite».

    En préambule à sa prise de parole, Bayrou a déclaré :

    «Cette épreuve de vérité, je l’ai voulue.»

    Il a poursuivi :

    «Certains d’entre vous ont pensé que c’était déraisonnable, un trop grand risque. Or, je pense exactement le contraire. Le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change, de faire de la politique comme d’habitude, de faire durer […] jusqu’au moment où l’irréparable est là et où l’on arrive au bord de la falaise.»

    Positions des partis et réactions après la chute probable du gouvernement Bayrou

    Les réactions politiques se multiplient dans l’attente du vote de confiance. Bruno Retailleau, président des Républicains, a averti qu’il était «hors de question» que la droite accepte la nomination d’un Premier ministre socialiste à Matignon et a posé des conditions pour que LR se maintienne au gouvernement.

    La France insoumise a donné une image d’unité : ses députés sont arrivés en groupe au Palais‑Bourbon pour marquer leur solidarité et réclamer non seulement la démission du Premier ministre mais aussi celle d’Emmanuel Macron. À la tête des députés insoumis, Jean‑Luc Mélenchon est présent lors des grandes prises de parole depuis la tribune, profitant de son statut d’ancien député.

    Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise, a dit ressentir «un soulagement de voir le gouvernement Bayrou tomber» et appelle à «un ordre social alternatif», dénonçant un niveau historique de pauvreté. Il a ajouté que «un gouvernement qui ne porterait pas un programme de rupture avec le macronisme, nous le censurerons» et confirmé la ligne du mouvement sur le dépôt d’une procédure de destitution d’Emmanuel Macron : «Aux électrices et aux électeurs de trancher».

    Chez les socialistes, la stratégie est claire : marteler leur volonté d’accéder à Matignon. Olivier Faure doit être l’invité du journal télévisé de TF1 à l’issue du vote de confiance. Les écologistes, quant à eux, affirment «être prêts» à toutes les hypothèses «y compris d’une dissolution rapide», même si «ce n’est pas le scénario le plus probable». Leur «plan A» demeure «la nomination d’un Premier ministre de gauche […] qui travaillerait en urgences aux politiques de rupture que réclament les Français», écrivent-ils.

    Sur la scène internationale, un porte‑parole du gouvernement allemand a relativisé l’impact d’un renversement du Premier ministre français :

    «La stabilité de la zone euro dépend de nombreux États, de tous les acteurs du marché. Il n’y a pas lieu de remettre en question cette stabilité à l’heure actuelle.»

    Parallèlement, les consultations se poursuivent à l’Élysée : après le président du Sénat, Gérard Larcher, la présidente de l’Assemblée nationale a été reçue. Les proches du chef de l’État n’excluent pas une prise de parole présidentielle dans les prochains jours, peut‑être dès mardi.

    Aspects pratiques et perspectives immédiates après Matignon

    Avant d’être nommé Premier ministre, François Bayrou était haut‑commissaire au Plan. Interrogé hier soir, il a indiqué :

    «On avait droit auparavant à un secrétariat. Je ne prendrai pas de secrétariat».

    Le décret n°2019‑973 du 20 septembre 2019 prévoit la mise à disposition d’un agent pour le secrétariat particulier des anciens Premiers ministres sous conditions d’âge et de durée ; Bayrou, âgé de 74 ans, n’est pas éligible à ce dispositif. Le décret précise également que ce secrétariat ne s’applique pas «aux anciens Premiers ministres qui disposent d’un secrétariat pour l’exercice d’un mandat parlementaire, d’un mandat d’élu local ou d’une fonction publique» — situation qui concerne le maire de Pau.

    Bayrou a réfuté l’idée d’avantages pécuniaires :

    «Tout le monde sait.. euh croit, qu’il y a des privilèges et des avantages pécuniaires, Ce n’est pas vrai. Rien.»

    Cependant, l’ordonnance n°58‑1099 du 17 novembre 1958 prévoit qu’un ancien chef du gouvernement peut percevoir, pendant trois mois, «une indemnité d’un montant égal au traitement qui lui était alloué en sa qualité de membre du gouvernement». Cette indemnité s’élèverait, selon les textes cités, à 48 114 € brut au total, sous réserve qu’il ne reprenne pas une activité rémunérée après son passage à Matignon.

    Le constitutionnaliste Benjamin Morel a détaillé plusieurs scénarios possibles pour l’après‑Bayrou et livré une mise en garde sur l’état du paysage politique : il évoque un pays «tripolarisé» où le «front républicain», affaibli, ne garantirait plus l’empêchement automatique d’une majorité Rassemblement national, et rappelle que «Constitution égale, on peut sortir de la loi libérale».

    À quelques heures du vote de confiance, la journée s’annonce déterminante : discours à 15 heures, vote dans l’Hémicycle, consultations à l’Élysée et prises de parole attendues des principaux leaders politiques, sans que l’on sache encore quel visage prendra l’exécutif après la probable chute du gouvernement Bayrou.

    Crise Politique France | Politique | Gouvernement | Macron | Bayrou | Crise | France
    source:https://www.liberation.fr/politique/en-direct-vote-de-confiance-le-premier-jour-du-reste-de-la-vie-de-francois-bayrou-20250908_QTSZXWUJMNBQFIMRVIKHKXURUE/

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