Le Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn, centre fédéral d’une réputation sombre, a accueilli samedi Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, tous deux placés en détention provisoire dans ce pénitencier américain. Le couple est incarcéré dans l’attente d’un procès et demeure sous haute surveillance, sans calendrier fixé pour l’audience.
Les autorités ont officiellement inculpé l’ancien président vénézuélien et son entourage pour narcoterrorisme et complot visant à importer de la cocaïne vers les États‑Unis. Le juge fédéral Alvin Hellerstein a formellement signifié leur inculpation, et ils devraient rester détenus jusqu’au procès, qui n’est pas attendu avant 2027 au plus tôt.
Situé au sud de Brooklyn, dans le quartier industriel de Sunset Park, le MDC est l’une des plus grandes prisons fédérales du pays. Sa capacité permet d’héberger jusqu’à 1 600 détenus en attente de procès ou de transfert, et environ 1 300 personnes y seraient actuellement incarcérées. C’est le seul établissement de ce type à New York depuis la fermeture, en 2021, du Metropolitan Correction Center de Manhattan. Le MDC est souvent présenté comme symptomatique des maux du système carcéral américain.
Les conditions de vie et les violences y sont décrites comme prégnantes. En août 2024, le juge Gary Brown a dénoncé des « conditions dangereuses et barbares » et les magistrats hésitent à envoyer des prévenus dans cet établissement. Durant l’été, des détenus ont été poignardés par d’autres codétenus, et des retards de soins médicaux ont été rapportés dans des cas graves.
Des témoignages publiés par la presse montrent des nuisances sanitaires et des désordres matériels : cafards dans les repas, douches moissies et éclairages défaillants. L’ancien directeur des Federal Defenders de New York, David Patton, résume la situation en évoquant « des asticots dans la nourriture et des problèmes sanitaires graves, accompagnés de violence »; les détenus se plaignent aussi de matelas trop fins, de toilettes en panne et de nourriture parfois avariée.
En 2019, pendant un hiver particulièrement rigoureux, le MDC a connu une panne massive de chauffage et d’électricité, laissant plus d’un millier de détenus dans des cellules glaciales pendant plusieurs jours. Un rapport du ministère de la Justice a conclu à une « grave mauvaise gestion » de la crise par les responsables de l’établissement.

Nicolas Maduro rejoint une liste peu enviable de personnalités ayant séjourné au MDC. Outre l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, également poursuivi pour trafic de drogue, des échanges et échanges d’idées entre codétenus auraient été remarqués selon des sources relayées par les médias. Le New York Times évoque même des conseils juridiques reçus en prison de la part d’un codétenu, l’ancien dirigeant de cryptomonnaies Sam Bankman-Fried, condamné à vingt-cinq ans de prison, bien que certaines informations restent à être vérifiées.
Parmi les détenus notables figurent aussi le rappeur Sean Combs, l’ancienne complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, le chanteur R. Kelly et Luigi Mangione. Le MDC abrite aussi Ismael « El Mayo » Zambada García, cofondateur du cartel mexicain de Sinaloa, et Maduro pourrait être amené à croiser d’autres Vénézuéliens détenus dans cet établissement, comme Hugo Carvajal ou Anderson Zambrano-Pacheco.
Des manifestations se sont déroulées autour du MDC, certaines accusant les autorités américaines de guerre dans la région, d’autres appelant à la libération de Maduro. Les observateurs estiment que l’incarcération testera la résilience des détenus et que les communications seront étroitement surveillées, avec des déplacements fortement encadrés et une probabilité d’être affecté à une unité protégée.
Si l’administration fédérale affirme que le MDC Brooklyn est sûr pour les détenus et le personnel, certains opposants remettent en question cette assurance et dénoncent un manque de transparence quant aux conditions de détention et au contrôle sanitaire. Dans ce contexte, l’affaire Maduro au MDC s’inscrit dans une controverse plus large sur le système carcéral américain et ses limites.