De nouvelles frappes israéliennes ont fait au moins huit morts et 55 blessés au Liban, alors que le Hezbollah affirme avoir mené 23 attaques contre des cibles israéliennes depuis l’aube de dimanche. Dans le même temps, le président libanais Joseph Aoun a appelé à des négociations avec Tel-Aviv afin d’éviter au sud du pays un scénario comparable à celui de Gaza.
L’agence de presse libanaise a indiqué qu’une frappe sur le secteur de Jnah, dans la banlieue sud de Beyrouth, a tué cinq personnes, dont une fillette de 15 ans et deux ressortissants soudanais. L’attaque a également fait 52 blessés, parmi lesquels huit enfants.
Selon la même source, une autre frappe israélienne a visé les hauteurs d’Aïn Saadé, dans le caza du Metn, causant la mort de trois civils, dont deux femmes. Trois autres femmes ont été blessées.
Ce nouveau bilan s’ajoute à des chiffres déjà extrêmement lourds. Dimanche, le ministère libanais de la Santé a annoncé que le total des victimes de l’offensive israélienne au Liban, depuis le 2 mars jusqu’à dimanche soir, s’élevait à 1 461 morts et 4 430 blessés. Plus d’un million de personnes ont également été déplacées.
De son côté, l’armée israélienne a affirmé avoir visé à Beyrouth des locaux présentés comme appartenant au Hezbollah. Elle a soutenu que ces sites étaient utilisés, selon ses dires, pour préparer des « projets terroristes ».
L’agence Anadolu a rapporté que l’aviation israélienne avait mené huit frappes depuis dimanche matin sur plusieurs zones de la banlieue sud de Beyrouth, visant notamment les quartiers de Rwéss, Bir Hassan, Chiyah, Haret Hreik ainsi que Jnah.
Le Hezbollah revendique 23 attaques
En parallèle, le Hezbollah a déclaré avoir lancé 23 attaques contre des objectifs israéliens depuis l’aube de dimanche. Israël a, pour sa part, reconnu qu’une maison avait été touchée dans la colonie de Shomrat, tandis que des sirènes d’alerte ont retenti à de nombreuses reprises dans plusieurs مناطق du nord du pays.
Le mouvement chiite a également affirmé avoir visé un navire militaire israélien à 68 milles nautiques des côtes libanaises à l’aide d’un missile de croisière. Une chaîne israélienne privée a toutefois soutenu qu’il s’agissait d’un bâtiment britannique et non israélien.
Selon cette même chaîne, le missile a atteint le navire et lui a causé des dommages, mais celui-ci a poursuivi sa mission en Méditerranée.
Le Hezbollah a aussi indiqué que ses opérations avaient ciblé neuf positions militaires, des infrastructures, ainsi que les colonies de Nahariya et de Metoula. Le mouvement dit également avoir visé des rassemblements de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël, ainsi que des positions au sud du Liban.
Israël promet d’intensifier ses opérations
Sur le terrain israélien, le chef d’état-major Eyal Zamir a promis une intensification des opérations contre le Hezbollah lors d’une visite à Ras al-Bayada, point situé à l’extrême nord du sud du Liban, où des soldats israéliens sont actuellement déployés.
Il a affirmé que « plus de mille terroristes du Hezbollah » avaient été tués depuis le début de la guerre, selon ses termes.
Aoun appelle au dialogue
Sur le plan politique, le président libanais Joseph Aoun a renouvelé son appel à des négociations avec Israël afin d’éviter au sud du Liban le sort de Gaza. Il a évoqué un territoire « détruit » et des pertes humaines massives, avant de demander : « Pourquoi ne pas nous asseoir à la table des négociations et arrêter les drames ? »
Dans un discours prononcé après avoir assisté à la messe de Pâques à Bkerké, à l’est de Beyrouth, il a estimé qu’Israël pourrait vouloir faire du sud du Liban une nouvelle Gaza, tout en affirmant que le devoir des Libanais est précisément d’éviter un tel basculement.
Depuis le 2 mars, le Hezbollah s’est engagé dans la confrontation régionale en réponse, selon lui, aux attaques israéliennes continues contre le Liban, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. Israël a, de son côté, élargi ses frappes sur le territoire libanais et lancé depuis le 3 mars une incursion terrestre dans le sud du pays, affirmant vouloir établir une zone de sécurité débarrassée de l’armement du Hezbollah.