De fortes explosions ont retenti mercredi à Tel-Aviv et à Jérusalem, au moment où plusieurs médias israéliens faisaient état d’une attaque coordonnée contre Israël depuis l’Iran, le Liban et le Yémen. Dans le même temps, des alertes ont été déclenchées dans plusieurs zones du nord et du sud du pays, tandis que des dégâts matériels et des blessés étaient signalés sur différents sites.
Selon les informations relayées par la chaîne qatarie Al Jazeera, de puissantes détonations ont été entendues dans la région de Tel-Aviv et dans la capitale israélienne. Les autorités et les médias israéliens ont, eux, évoqué des tirs simultanés de roquettes, de missiles et de drones provenant de plusieurs fronts, dans un contexte de forte tension régionale.
Roquettes au nord, drones au sud
La chaîne 12 israélienne a indiqué que quatre roquettes avaient touché la localité de Metula, dans le nord du pays, causant des dégâts matériels. Le Commandement du front intérieur a, de son côté, activé les sirènes d’alerte dans le Haut-Jourdain et dans les localités de Margaliot et Misgav Am, après la détection de tirs venus du Liban.
Le site Walla a par ailleurs signalé la poursuite de lancements de drones par le Hezbollah vers des zones du nord d’Israël. Dans le sud, des sirènes ont retenti à Eilat après la détection d’un drone en provenance du Yémen, finalement intercepté selon les médias israéliens, sans blessé ni dommage signalé dans un premier temps.
Le Hezbollah et les Houthis revendiquent des frappes
Le mouvement houthi Ansar Allah a affirmé que les tirs avaient été menés en coopération avec les Gardiens de la révolution iraniens et le Hezbollah. Selon son communiqué, des sites stratégiques de la région d’Oum al-Rachrach, appelée Eilat en Israël, ont été visés par des missiles de croisière et des drones, avec un objectif présenté comme atteint.
Le Hezbollah libanais a lui aussi annoncé avoir lancé des drones d’attaque contre deux chars Merkava positionnés sur la colline de Ghdmacha, dans la localité d’Ainata, au sud du Liban. Le groupe a également affirmé avoir mené une série d’attaques contre des rassemblements de soldats israéliens et des implantations dans le nord d’Israël.
Dégâts importants dans la région de Tel-Aviv
Sur le terrain, la police israélienne a signalé la chute d’éclats d’obus à Tel-Aviv, faisant quatre blessés. D’autres sources ont évoqué des fragments de missile tombés sur une trentaine de sites dans la grande agglomération, provoquant des dommages à des bâtiments et à des véhicules. Au moins trois personnes ont été touchées, dont une blessée dans un état qualifié de modéré.
Des images diffusées sur les réseaux et reprises par des médias locaux ont montré des incendies dans plusieurs zones, notamment à Bnei Brak et Petah Tikva, où un immeuble a pris feu et plusieurs voitures ont été endommagées. Les équipes de secours sont intervenues pour sécuriser les secteurs touchés et traiter les conséquences des frappes.
Riposte iranienne et objectif élargi
À un niveau plus large, l’Iran a confirmé avoir lancé des attaques contre des cibles israéliennes et américaines dans ce que les Gardiens de la révolution ont présenté comme la 98e vague de l’opération « Promesse véridique 4 ». Téhéran affirme avoir visé des centres stratégiques à Tel-Aviv et Haïfa, des usines chimiques à Beersheva, des sites de production de drones aux Émirats, ainsi qu’une base aérienne américaine au Koweït.
La chaîne 12 a rapporté que les services de secours avaient reçu plusieurs signalements de chute de débris au centre du pays. Le journal Yediot Aharonot a, pour sa part, indiqué que l’Iran avait frappé le centre d’Israël pour la deuxième fois en moins de dix minutes. La chaîne 13 a fait état d’opérations de ratissage dans plusieurs zones du centre et du sud du pays, après des rapports sur des éclats tombés au sol.
La télévision iranienne a également annoncé une nouvelle salve de missiles vers le territoire israélien, quelques minutes après la précédente. La radio de l’armée israélienne a évoqué des signalements initiaux de fragments dans plusieurs secteurs du centre, tandis que le Commandement du front intérieur a fait état de sirènes dans des régions du sud après la détection d’un drone infiltré.
Des pertes encore difficiles à évaluer
Les autorités israéliennes maintiennent un important niveau de discrétion sur l’ampleur réelle des dégâts causés par les missiles et les drones lancés par l’Iran ou le Hezbollah, ainsi que sur les combats terrestres avec les combattants du mouvement chiite dans le sud du Liban. Cette opacité alimente les interrogations sur l’étendue exacte des destructions et sur le bilan humain.
Dans le sud d’Israël, Eilat a de nouveau été visée par des drones, tous interceptés selon les annonces officielles, y compris près de la zone industrielle. Plus au nord, les échanges de tirs se poursuivent le long de la frontière libanaise, où le Hezbollah dit frapper des positions militaires israéliennes en réponse à l’escalade.
Israël renforce son dispositif antimissile
Face à l’intensification des attaques iraniennes sur Israël, le ministère israélien de la Défense a annoncé vouloir augmenter la production de missiles intercepteurs Arrow. L’objectif affiché est de renforcer les stocks et de garantir la disponibilité opérationnelle du système de défense antiaérienne à plusieurs couches.
Le dispositif israélien repose sur différents niveaux d’interception, les Arrow constituant le niveau supérieur contre les missiles balistiques. Les Arrow 2 opèrent à l’intérieur et au-delà de l’atmosphère, tandis que les Arrow 3 sont conçus pour intercepter les engins au-dessus de l’atmosphère. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a assuré que les stocks restaient suffisants et que cette montée en cadence visait à préserver la liberté d’action de l’armée.
Cette nouvelle vague de frappes intervient dans le cadre d’un conflit qui se prolonge depuis le 28 février, avec des échanges quotidiens de missiles et de drones entre Israël, l’Iran, le Hezbollah et les Houthis, sur fond d’embrasement régional et de menaces visant aussi des intérêts américains dans la zone.