Gianluigi Donnarumma, réputé pour son aisance dans l’exercice des tirs au but, a vécu à Zenica l’un des soirs les plus frustrants de sa carrière internationale. L’Italie a été éliminée par la Bosnie-Herzégovine au terme d’une séance décisive, après un match verrouillé et une fin de rencontre où les Azzurri ont longtemps cru pouvoir s’en sortir. Pour un pays qui vit et respire football, cette nouvelle désillusion a tout d’une catastrophe sportive.
Déjà tenue en échec pendant le temps réglementaire puis durant la prolongation, la sélection italienne a fini par céder lors de la séance de tirs au but. Réduite à dix après l’expulsion d’Alessandro Bastoni à la 41e minute, elle a résisté pendant une grande partie de la rencontre avant de voir la Bosnie-Herzégovine revenir au score à une dizaine de minutes de la fin. Les locaux ont ensuite trouvé les ressources pour s’imposer dans un barrage à haute tension et valider une qualification historique pour le Mondial 2026.
La scène qui a suivi a beaucoup alimenté les discussions. Donnarumma, visiblement hors de lui, a d’abord interpellé le gardien bosnien Nikola Vasilj avec insistance. Le portier italien pensait que son adversaire avait subtilisé la feuille sur laquelle étaient notées ses consignes pour la séance de tirs au but, un document qu’il avait laissé dissimulé sous une serviette au bord du terrain.
La vérité est finalement apparue dans les heures qui ont suivi. La feuille n’avait pas été prise par Vasilj, mais par un ramasseur de balles âgé de 14 ans, joueur chez les jeunes du club de Čelik, qui a raconté lui-même les faits à une télévision locale. Selon son témoignage, il a aperçu le papier près de la serviette, a compris immédiatement de quoi il s’agissait, puis l’a caché.
Le geste d’un adolescent au cœur de la polémique
Le jeune garçon a expliqué que la feuille contenait toutes les instructions concernant les tireurs italiens et que, sans ce document, Donnarumma devait se fier uniquement à son intuition. Son récit a rapidement circulé et relancé les débats autour de ce moment aussi insolite que controversé. Si certains y voient une simple anecdote de match, d’autres considèrent qu’il s’agit d’un épisode qui a pu peser psychologiquement dans un scénario déjà tendu.
En Bosnie-Herzégovine, plusieurs supporters ont même proposé de récompenser le jeune ramasseur de balles, certains allant jusqu’à réclamer un voyage au Mondial pour en faire une mascotte symbolique de la sélection. Entre humour, fierté nationale et critiques sur le fair-play, l’affaire a donné une dimension presque surréaliste à cette qualification.
Une nouvelle désillusion pour l’Italie
Pour l’Italie, en revanche, le constat est brutal. L’équipe manque une troisième phase finale de Coupe du monde consécutive, un scénario impensable pour une nation quadruple championne du monde et habituée aux grands rendez-vous. La frustration est d’autant plus forte que Donnarumma avait déjà été l’un des héros du sacre européen de 2021 face à l’Angleterre, précisément dans un exercice qu’il maîtrise habituellement.
Cette fois, le gardien de Manchester City n’a pas réussi à influer sur la séance et a même semblé désorienté par le déroulement des événements. L’Italie devra désormais attendre 2030 pour espérer retrouver la Coupe du monde, avec l’obligation de reconstruire après un nouvel échec qui marquera durablement sa campagne.