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    Iran : ce qui se passe au 42e jour des attaques US-israéliennes

    Iran, Israël, Liban, États-Unis, Irak, Pakistan, Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Émirats arabes unis

    Alors que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran reste officiellement en vigueur, les tensions continuent de monter sur plusieurs fronts au Moyen-Orient. Benjamin Netanyahu a ordonné à ses équipes de préparer des négociations directes avec le Liban « dès que possible », tandis que Beyrouth a décrété une journée de deuil après une série de frappes israéliennes particulièrement meurtrières. Dans le même temps, Téhéran accuse Washington et Israël de fragiliser un équilibre déjà précaire, au moment où la diplomatie tente tant bien que mal de reprendre le dessus sur la guerre Iran États-Unis Israël.

    Pour les capitales de la région, la situation reste d’autant plus instable que les annonces militaires se succèdent aux gestes diplomatiques. Le président iranien Massoud Pezeshkian a estimé que les frappes israéliennes violaient le cessez-le-feu conclu avec les États-Unis et risquaient de compromettre les discussions en cours. De son côté, Donald Trump a affirmé que les forces américaines resteraient déployées autour de l’Iran jusqu’à l’application d’un « véritable accord », tout en prévenant qu’une reprise des hostilités restait possible.

    En Iran, le pouvoir cherche à maintenir l’unité

    À Téhéran, des rassemblements nationaux sont organisés pour honorer les responsables tués dans les frappes récentes, au premier rang desquels l’ancien guide suprême Ali Khamenei, assassiné selon les autorités iraniennes. L’ancien ministre des affaires étrangères Kamal Kharrazi, également président du Conseil iranien des relations extérieures, est mort, accentuant encore le choc politique dans le pays.

    Dans un message écrit publié par la télévision d’État, le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, a assuré que la République islamique ne voulait pas de guerre avec les États-Unis et Israël. Il a toutefois ajouté que l’Iran défendrait ses droits en tant que nation et État. Il n’a pas été vu en public depuis la mort de son père, le 28 février, ce qui alimente les spéculations sur la recomposition du pouvoir iranien.

    Sur le plan économique, plusieurs analystes estiment que Téhéran pourrait chercher à exploiter son influence sur le détroit d’Ormuz pour obtenir un allègement des sanctions et revenir progressivement dans l’économie mondiale. Selon Alex Vatanka, du Middle East Institute, le plan iranien repose notamment sur la levée des sanctions primaires et secondaires afin d’attirer les investissements étrangers et relancer les échanges commerciaux.

    Le même expert juge toutefois que la menace liée au détroit, si elle peut servir de levier à court terme, ne constitue pas une stratégie durable. L’enjeu est désormais autant diplomatique qu’économique, alors que l’Iran affirme vouloir redevenir un acteur normal des relations internationales sans renoncer à ses lignes rouges.

    Diplomatie sous pression autour du cessez-le-feu

    Le cessez-le-feu négocié avec l’aide du Pakistan entre Washington et Téhéran est bien en cours, mais son périmètre exact continue de susciter des crispations régionales. À Islamabad, les discussions doivent se poursuivre ce week-end, avec une délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance. Ce dernier a déclaré vouloir « parvenir à une négociation positive » malgré les accusations croisées de violations de la trêve.

    Les doutes demeurent cependant sur la solidité du dispositif. Pour l’analyste Omar Rahman, la trêve a été conclue trop vite et sans adhésion claire de toutes les parties concernées. Il estime que les divergences entre le plan iranien en 10 points et la proposition américaine en 15 points restent profondes, au point de transformer le résultat actuel en échec stratégique pour Donald Trump.

    En parallèle, l’envoyé du secrétaire général de l’ONU, Jean Arnault, a rencontré à Téhéran le vice-ministre iranien des affaires étrangères Kazem Gharibabadi et s’est rendu sur des sites endommagés par les frappes récentes. Il doit poursuivre ses échanges au Pakistan, où la sécurité a été renforcée avant les pourparlers.

    Le Liban au cœur des tensions

    La situation au Liban demeure l’un des principaux points de friction. Une journée de deuil national a été décrétée après des frappes israéliennes ayant tué au moins 200 personnes et blessé plus de 1 000 civils en une seule journée, selon les autorités libanaises. L’ampleur des destructions ravive les craintes d’un basculement régional plus large.

    L’armée israélienne a, de son côté, ordonné l’évacuation des habitants des banlieues sud de Beyrouth, bastion historique du Hezbollah, en brandissant la menace de frappes imminentes. Des drones ont survolé la capitale à basse altitude tandis que l’offensive terrestre se poursuit, avec des manœuvres visant à encercler Bint Jbeil, ville de 30 000 habitants dans le sud du pays.

    Benjamin Netanyahu a affirmé qu’Israël continuerait de frapper le Hezbollah « partout où cela sera nécessaire ». Le chef du gouvernement israélien est aussi critiqué dans le nord du pays, où des élus locaux disent se sentir abandonnés face aux tirs de roquettes venus du Liban. Des sirènes d’alerte ont retenti à Haïfa, dans d’autres villes du nord, mais aussi à Tel-Aviv et à Ashdod, illustrant l’élargissement de la menace.

    Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a pour sa part appelé le gouvernement libanais à ne pas faire de « concessions gratuites » à Israël à la veille de discussions attendues entre les deux pays. La pression humanitaire s’accentue, plusieurs hôpitaux accueillant des centaines de patients tout en hébergeant des milliers de déplacés.

    Le Golfe et les États-Unis cherchent à contenir l’incendie

    Dans le Golfe, les répercussions du conflit se font également sentir. TotalEnergies a annoncé l’arrêt d’une importante raffinerie située sur la côte orientale saoudienne après des dommages subis pendant la guerre. Le ministère saoudien de l’énergie a évoqué plusieurs attaques visant des installations pétrolières et gazières, dont le complexe SATORP, exploité avec Aramco.

    Les efforts diplomatiques se multiplient pour éviter une extension du conflit. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a effectué une tournée dans la région, passant par le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite, avant de rencontrer le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed Al Nahyane. Il a insisté sur la nécessité de rouvrir pleinement le détroit d’Ormuz et a exprimé son soutien aux partenaires régionaux.

    À Washington, Donald Trump pousse Israël à réduire l’intensité de ses opérations au Liban. Selon plusieurs sources, il aurait demandé à Benjamin Netanyahu de « rester discret » sur le dossier. Le président américain a également averti Téhéran qu’imposer des frais aux armateurs pour franchir le détroit d’Ormuz serait inacceptable.

    Le front israélien et la pression internationale

    En Israël, la contestation monte face à la stratégie du gouvernement. Plusieurs collectivités du nord accusent Netanyahu d’avoir lancé l’offensive contre le Liban sans feuille de route claire ni objectif de sortie crédible. Cette critique s’ajoute à une inquiétude sécuritaire persistante, alors que les alertes aux roquettes se multiplient.

    La pression internationale s’intensifie également. Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé a demandé à Israël de revenir sur ses menaces d’évacuation visant des hôpitaux de Beyrouth qui soignent des centaines de patients. La ministre canadienne des affaires étrangères a, elle aussi, appelé Israël à respecter l’intégrité territoriale du Liban.

    Dans le même temps, le gouvernement israélien a écarté l’Espagne d’un centre de coordination civilo-militaire lié au cessez-le-feu à Gaza, en invoquant l’hostilité de Madrid et ses critiques contre les opérations israéliennes à Gaza, en Cisjordanie occupée et au Liban. Par ailleurs, l’Organisation de la coopération islamique a condamné avec force l’approbation par Israël de 34 nouvelles colonies en Cisjordanie, estimant qu’elle vise à saboter la solution à deux États.

    Le dossier s’étend à l’Irak et à l’équilibre régional

    Les conséquences du conflit débordent désormais jusqu’en Irak. Un drone a frappé un important site diplomatique américain à Bagdad, ce qui a conduit le ministère américain des affaires étrangères à convoquer l’ambassadeur irakien. Cet incident alimente les craintes d’une multiplication des attaques indirectes contre les intérêts américains dans la région.

    Entre le front libanais, les tensions autour du détroit d’Ormuz et les discussions fragiles au Pakistan, la guerre Iran États-Unis Israël continue de remodeler les rapports de force au Moyen-Orient. Les efforts diplomatiques restent nombreux, mais chaque nouvelle frappe, chaque alerte et chaque déclaration viennent rappeler la fragilité d’un cessez-le-feu encore loin d’avoir éteint le conflit.

    source:https://www.aljazeera.com/news/2026/4/10/iran-war-what-is-happening-on-day-42-of-us-israeli-attacks

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