Le cessez-le-feu annoncé entre Washington et Téhéran paraissait toujours tenir samedi matin, mais la situation reste extrêmement instable dans et autour du détroit d’Ormuz. Selon l’Associated Press, les États-Unis attendent toujours une réponse iranienne à leur dernière proposition d’accord, tandis que Bahreïn affirme avoir arrêté 41 personnes présentées comme liées aux Gardiens de la révolution iraniens. Dans le même temps, Reuters rapporte que les deux camps ne sont toujours pas plus proches d’une issue durable et que de nouveaux incidents ont ravivé les tensions dans le Golfe.
Un cessez-le-feu toujours en place, mais sous forte pression
D’après l’AP, la trêve semblait encore en vigueur samedi malgré de nouvelles opérations militaires américaines et les accusations iraniennes. L’agence américaine indique que Washington attend la réponse de Téhéran à une proposition visant à mettre formellement fin à la guerre, rouvrir le détroit d’Ormuz et engager un recul du programme nucléaire contesté iranien. Les autorités iraniennes, citées par l’AP, disent continuer à examiner le texte sans se plier à un calendrier imposé par les États-Unis.
Reuters souligne de son côté qu’aucune percée n’est visible à ce stade. L’agence évoque des affrontements sporadiques dans le Golfe, les plus importants depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a environ un mois, et note que les discussions restent bloquées sur les sujets les plus sensibles.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur de la crise
Le détroit d’Ormuz demeure l’épicentre du bras de fer. L’AP rappelle que cette voie maritime est cruciale pour le marché mondial de l’énergie et que sa perturbation a déjà provoqué une hausse des prix du carburant et des secousses sur les marchés. L’agence rapporte que l’armée américaine a dit avoir neutralisé deux pétroliers iraniens qui tentaient, selon Washington, de franchir le blocus américain visant les ports iraniens. Des heures plus tôt, les forces américaines avaient aussi affirmé avoir déjoué des attaques contre trois navires de l’US Navy dans la zone.
Reuters ajoute que la circulation maritime reste sous pression et que Téhéran a largement restreint le passage des navires non iraniens depuis le début du conflit. L’agence rappelle aussi que, avant la guerre, environ un cinquième du pétrole mondial transitait par Ormuz, ce qui explique l’attention internationale portée à chaque nouvel incident dans ce corridor stratégique.
Bahreïn annonce 41 arrestations
À Bahreïn, les autorités ont annoncé l’arrestation de 41 personnes qu’elles disent liées au Corps des gardiens de la révolution islamique. Reuters précise que le ministère bahreïni de l’Intérieur affirme avoir démantelé un groupe relié à l’IRGC, alors que des enquêtes du parquet portent aussi sur des affaires liées à des expressions de sympathie envers les attaques iraniennes. L’AP rappelle que Bahreïn accueille la Ve flotte américaine et que ce contexte donne un poids particulier à cette annonce.
Aucune preuve détaillée n’a été rendue publique à ce stade sur ces accusations, et les deux agences notent que l’affaire s’inscrit dans un climat régional déjà très tendu. L’information doit donc être lue à la lumière des éléments officiellement avancés par Manama, dans l’attente d’éventuelles précisions judiciaires ou diplomatiques.
Washington et Téhéran restent sur des lignes opposées
Selon l’AP, Donald Trump a assuré que le cessez-le-feu tenait toujours, tout en prévenant que les bombardements pourraient reprendre à grande échelle si l’Iran rejetait la proposition américaine. Téhéran, lui, maintient qu’il étudie encore l’offre. Reuters rapporte par ailleurs qu’une analyse du renseignement américain, citée dans la presse américaine, a ravivé les interrogations sur la capacité réelle d’un blocus à faire rapidement plier l’Iran, même si un responsable du renseignement a contesté cette lecture.
Les deux camps restent donc enfermés dans une logique de pression militaire et politique. Washington cherche un accord qui sécuriserait le trafic maritime et ouvrirait une nouvelle phase de négociation. Téhéran, lui, continue de lier sa réponse à l’évolution du rapport de force sur le terrain et aux garanties qu’il pourrait obtenir.
Pourquoi ce dossier est suivi de près
Au-delà de l’affrontement entre les États-Unis et l’Iran, le dossier est suivi de près parce qu’il touche à la sécurité du Golfe, aux flux énergétiques mondiaux et à la stabilité de plusieurs pays alliés de Washington dans la région. Tant qu’aucun accord plus solide n’est trouvé, chaque nouvel accrochage dans le détroit d’Ormuz ou chaque annonce sécuritaire dans les monarchies du Golfe peut relancer la crise en quelques heures.
