Starship a bien quitté le Texas et atteint la majeure partie de ses objectifs, mais le nouveau vol d’essai de la fusée géante de SpaceX n’a pas été parfait. Vendredi, l’entreprise d’Elon Musk a fait voler pour la douzième fois son lanceur expérimental, avec une version encore plus imposante et largement remaniée. Le test marque une étape importante pour le programme, tout en rappelant que l’entrée dans une phase plus industrielle reste conditionnée à la résolution de plusieurs problèmes techniques.
Selon RTS et Le Monde, la mission a duré environ 65 minutes. Les deux étages se sont séparés correctement, l’étage supérieur a poursuivi sa trajectoire et a terminé sa course dans l’océan Indien comme prévu. Mais le propulseur n’a pas réalisé la poussée initialement attendue et est retombé rapidement de manière incontrôlée dans les eaux du golfe du Mexique. Le bilan est donc plus nuancé qu’un simple succès de démonstration.
Un test clé pour la troisième génération
Ce vol était particulièrement observé parce qu’il inaugure ce que SpaceX présente comme le bloc 3 de Starship, une troisième génération très largement modifiée. Le lanceur atteint désormais environ 124 mètres de haut, soit un gabarit encore supérieur aux versions précédentes. Le Monde relève aussi l’arrivée d’une nouvelle génération de moteurs Raptor, conçue pour offrir davantage de poussée tout en simplifiant l’architecture générale.
Derrière ces choix, l’objectif est clair : rendre le véhicule plus robuste et plus fiable après plusieurs pertes liées à des ruptures de canalisations et à d’autres faiblesses structurelles observées en 2025. SpaceX a donc accepté d’alourdir certains éléments internes du premier étage pour sécuriser l’ensemble, un arbitrage qui tranche avec sa tradition d’allègement maximal. Ce virage illustre le changement d’échelle du programme : il ne s’agit plus seulement de voler, mais de voler régulièrement.
Ce qui a fonctionné pendant le vol
Malgré les accrocs, plusieurs séquences attendues ont bien eu lieu. RTS rapporte que la séparation des deux parties de l’engin s’est déroulée avec succès. L’étage supérieur a ensuite déployé un ensemble de satellites factices, dont certains devaient contribuer à l’étude du bouclier thermique. Pour SpaceX, ce sont des jalons concrets, car ils montrent que le système progresse sur des fonctions directement liées à ses ambitions lunaires, martiennes et commerciales.
Le patron de la NASA, Jared Isaacman, a d’ailleurs salué le décollage sur X, en y voyant un pas supplémentaire vers les futures missions lunaires puis martiennes. Ce type de réaction pèse dans le dossier, car la NASA demeure l’un des partenaires les plus stratégiques de SpaceX pour le développement du transport spatial lourd.
Les limites apparues pendant l’essai
Le cœur du problème reste toutefois le premier étage. D’après RTS, le propulseur n’a pas effectué la poussée initialement prévue, ce qui a empêché la séquence imaginée par l’entreprise. Même si SpaceX ne cherchait pas cette fois à récupérer intact le booster, elle visait au minimum une retombée plus maîtrisée. Ce point rappelle que la question du contrôle et de la répétabilité reste entière.
Un autre bémol est apparu sur l’étage supérieur, qui ne se trouvait pas exactement sur la bonne orbite à un moment de la mission. Là encore, cela ne transforme pas l’essai en échec complet, mais cela montre que Starship reste dans une phase où chaque progrès s’accompagne encore d’imprécisions techniques. Pour un programme censé devenir un pilier du transport spatial, ces écarts comptent autant que les réussites spectaculaires.
- 12e vol d’essai de Starship.
- Première mission de la version block 3 / troisième génération.
- Séparation des étages réussie, mais propulseur retombé sans la manœuvre prévue.
- L’étage supérieur a atteint la plupart de ses objectifs avant sa retombée dans l’océan Indien.
Pourquoi ce vol compte pour SpaceX
Au-delà de la technique pure, ce vol arrive à un moment sensible pour l’entreprise. Les médias qui ont suivi l’essai rappellent que le programme Starship est scruté à la fois pour ses enjeux industriels, pour ses futurs contrats et pour son rôle dans la stratégie spatiale américaine. SpaceX doit donc convaincre qu’elle sait transformer un prototype spectaculaire en système exploitable.
Le message de ce douzième test est finalement assez limpide : Starship progresse, mais n’a pas encore basculé du côté de la maturité. Les prochains vols devront confirmer la fiabilité du booster, la précision orbitale de l’étage supérieur et la capacité du système à reproduire ses performances sans incident majeur. C’est sur ce terrain, bien plus que sur la seule image du décollage, que se jouera la crédibilité du programme.
