Plusieurs pays européens participent à l’exercice Arctic Endurance au Groenland, un déploiement qui mêle reconnaissance et démonstration de présence. La France y participe à la demande du Danemark, aux côtés de la Suède, de l’Allemagne et de la Norvège, sur une période allant de jeudi à samedi. Parallèlement, le Groenland s’apprête à ouvrir un consulat français le 6 février, signe politique fort selon les autorités françaises. Des éléments concrets de renforcement de la présence française ont été évoqués par les responsables et les déclarations officielles font le lien avec les objectifs de l’Otan dans l’Arctique.
France et ses alliés renforcent leur présence au Groenland
À l’aube de l’exercice, la France prévoit une quinzaine de chasseurs alpins sur place, selon l’ambassadeur pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor, et des éléments précisés par le ministère des Armées. Le Danemark, en coopération avec les autres alliés, a annoncé des renforts: 13 soldats de la Bundeswehr et deux officiers norvégiens; la Suède n’a pas précisé son déploiement. Les Pays-Bas ont aussi annoncé l’envoi d’un militaire au Groenland dans le cadre de ces exercices.

Le consulat annoncé par l’Élysée le 6 février est une dimension politique et symbolique; selon Olivier Poivre d’Arvor, c’est un acte politique fort et le consulat est vu comme la manifestation politique d’un drapeau français planté à la demande des autorités danoises au Groenland; ce n’est pas un simple symbole.
Objectifs et rôle des déploiements dans le cadre de l’opération Arctic Endurance
Le déploiement français est décrit comme modeste mais symbolique. Des premiers éléments militaires français sont d’ores et déjà en chemin et d’autres suivront, selon Emmanuel Macron sur X.
Selon le ministère des Armées, il s’agit pour l’instant d’un déploiement de troupes d’unités de montagne entraînées au grand froid. L’objectif déclaré par le ministère allemand de la Défense est d’examiner les conditions-cadres en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime. Des aéronefs et des moyens navals supplémentaires et d’autres formations seraient prévus au cours des jours qui viennent pour accompagner ce cadre opérationnel.
Réactions et contexte international
Sur les évolutions autour du Groenland, le sujet a nourri des échanges au plus haut niveau. Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale et qu’ils ne pouvaient pas compter sur le Danemark pour le protéger; il a réitéré que le Groenland est très important pour la sécurité nationale, y compris celle du Danemark et que les États-Unis peuvent tout faire.
La position de l’Union européenne a été réaffirmée: Ursula von der Leyen a réitéré le soutien de l’UE au Groenland et a souligné la responsabilité stratégique de l’Europe. Dans le même temps, la Russie a exprimé une sérieuse inquiétude et dénoncé une militarisation accélérée du Nord par l’Otan. Le Danemark, pour sa part, a indiqué renforcer sa présence militaire autour du Groenland en collaboration avec ses alliés; l’Allemagne a précisé que les actions visaient notamment à sécuriser la région face à des menaces perçues.