La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin doit réunir lundi les formations parlementaires à Bercy afin de rechercher des convergences sur le budget 2026 et, enfin, parvenir à un compromis avant le début des débats à l’Assemblée nationale. L’objectif est de déboucher sur une solution avant fin janvier, alors que l’exécutif espère une avancée malgré le rejet du texte par les députés en commission samedi. Le contexte demeure fragile, car l’examen en commission a conduit à un rejet du texte.

La réunion vise à poursuivre le dialogue sur les points qui restent divergents. Le cabinet cite notamment les finances des collectivités locales et les dépenses d’avenir comme deux domaines de friction à résoudre pour éviter une rupture de la trajectoire budgétaire. Les discussions se situent à la veille d’un examen en hémicycle et devront clarifier des choix difficiles pour les semaines à venir.
Montchalin a réaffirmé son ambition de trouver une solution d’ici la fin janvier afin de doter la France d’un budget stable, alors même que le texte suscite des réactions en raison du mode d’adoption actuel, faute d’un accord. À défaut d’un compromis, la continuité de l’État dépendrait d’une loi spéciale temporaire.
Seuls les groupes parlementaires souhaitant sortir de l’impasse par le travail collectif seront conviés, selon le cabinet, afin d’éviter l’arrêt de la procédure en cas d’adoption des motions de censure mercredi. Cette logique vise à privilégier le dialogue sans bloquer davantage les mécanismes budgétaires.
Olivier Faure, président du groupe socialiste, a indiqué que le PS se rendrait à Bercy lundi. Les discussions s’inscrivent dans un cadre où des représentants de plusieurs formations veulent avancer, malgré les divergences persistantes et les menaces de blocage.
Les discussions devraient se dérouler dans un cadre tendu, le gouvernement étant confronté à deux motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise, liées à leur opposition au traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. L’enjeu demeure d’éviter une paralysie qui retardera l’adoption du budget.
Dimanche, Amélie de Montchalin a qualifié cette démarche d’« acte politique qui n’a aucun sens » lors d’une intervention sur France 3. Cette prise de position reflète les tensions entre l’exécutif et l’opposition sur les méthodes budgétaires et les outils disponibles.

Elle a averti sur les conséquences d’une motion de censure adoptée contre le gouvernement, alors que le Premier ministre a désormais clairement mis en avant la menace d’une dissolution en réponse à cette éventualité. « Quand vous faites tomber un gouvernement, à l’instant où nous parlons, cela stoppe les débats budgétaires. Cela ne résout rien au Mercosur. Et oui, il y aura une dissolution », a indiqué l’intervenante.
Face aux blocages, certains réclament au gouvernement d’avoir recours à l’article 49.3 pour adopter le texte sans vote, à l’instar de l’ancien ministre des Finances Eric Lombard. Lombard a aussi critiqué les concessions « sans contrepartie » accordées au PS, citant la suspension de la réforme des retraites. « Après toutes ces concessions, on n’a pas de budget », a-t-il déploré.
François Hollande, ancien président et député de Corrèze, a aussi soutenu cette hypothèse, et Olivier Faure a estimé qu’il serait « absurde » pour son parti de demander l’utilisation du 49.3 dans ce contexte.