Le budget 2026 fait l’objet d’un échange complexe entre le gouvernement et les parlementaires, après l’adoption du 49,3 sur la partie recettes. Dans un courrier transmis aux parlementaires, Sébastien Lecornu présente et justifie la version finale du PLF pour 2026, qu’il qualifie de « fruit d’un compromis ». Les chiffres avancés indiquent des recettes estimées à 365,5 milliards d’euros et un prélèvement obligatoire stable par rapport au texte initial, à 43,9 %, en deçà de 2019. Le gouvernement décrit un ensemble de mesures destinées à soutenir les ménages tout en poursuivant des efforts sur les entreprises et les administrations publiques.

Mesures clés pour les particuliers et les entreprises dans le PLF 2026
Parmi les mesures figurant dans la copie finale, le PLF prévoit l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu en fonction de l’inflation, afin d’éviter une hausse d’impôt en 2026. Cette revalorisation prive l’État d’environ 1,9 milliard d’euros de recettes, et reste un point de discorde entre gauche et droite.
Le texte prolonge la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) tant que le déficit public ne descend pas sous 3 % du PIB, avec un seuil d’imposition minimal de 20 % pour les ménages dépassant 250 000 euros annuels pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple. Le gouvernement affirme que le gain net s’élèvera à 1,5 milliard d’euros en 2026.
Autre volet social: l’exécutif renonce à réformer l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités; le maintien serait privilégié afin d’éviter une hausse d’impôt pour les retraités.
La prime d’activité est rehaussée d’environ 50 euros par mois pour plus de trois millions de ménages, renforçant le soutien aux travailleurs aux revenus modestes; selon Lecornu, cela pèsera environ 700 millions d’euros sur le budget en 2026. Par ailleurs, les bourses étudiantes seront maintenues et, à la demande du groupe socialiste, le repas à un euro dans les restaurants universitaires sera effectif à partir de mai.
Sur le plan fiscal des entreprises, la réforme de la taxe holding est annoncée mais l’application sera limitée: elle sera imposée à 20 % sur certains actifs immobiliers et biens somptuaires détenus via des holdings; toutefois, cette version allégée ne générera pas de recette en 2026 et ne pourra s’appliquer qu’à partir de 2027, compte tenu du principe de non-rétroactivité. Le dispositif vise aussi à lutter contre la suroptimisation fiscale.
Enfin, les ministères et les collectivités font l’objet d’un ajustement budgétaire: les dépenses des ministères hors régaliens diminueront en euros constants par rapport à l’année précédente; l’effort des collectivités est ramené à près de 2 milliards d’euros, contre 4,4 dans la version initiale.

Impact sur les collectivités et les ministères en 2026
Pour financer les priorités du budget 2026, les dépenses des ministères diminueront en euros courants par rapport à l’année précédente, à l’exception des ministères régaliens et de l’Outre‑mer, le même effort s’appliquant aux agences de l’État. Une trajectoire jugée exigeante, nécessitant, selon Matignon, « un pilotage de chaque instant ».
Les collectivités seront également sollicitées, mais « dans des proportions acceptables », souligne le Premier ministre. L’effort attendu des collectivités est ramené à près de 2 milliards d’euros, contre 4,4 milliards dans la version initiale du budget.