Le cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran suscite une vague de réactions à travers le monde, alors que des pourparlers doivent s’ouvrir vendredi à Islamabad, au Pakistan, pour tenter de consolider un accord de paix. Annoncée mardi par le président américain Donald Trump, cette trêve prévoit également la réouverture du détroit d’Ormuz, un axe maritime stratégique par lequel transite près d’un cinquième de l’approvisionnement pétrolier mondial.
Dans plusieurs capitales, l’annonce a été accueillie avec prudence, mais aussi avec l’espoir d’un désescalade durable après plusieurs semaines de tensions. Si certains pays saluent une avancée diplomatique, d’autres insistent sur la nécessité d’un engagement concret des deux parties pour éviter une reprise des hostilités.
Des appels à la retenue au Moyen-Orient
En Irak, le ministère des Affaires étrangères a salué le cessez-le-feu tout en rappelant que sa réussite dépendra d’un respect strict de l’accord par Washington et Téhéran. Bagdad a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la diplomatie, appelant les deux camps à s’abstenir de toute nouvelle escalade.
L’Irak a été entraîné dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran, sur fond d’échanges de tirs entre groupes armés soutenus par Téhéran et forces américaines. Cette dynamique a alimenté une spirale de violence préoccupante dans la région.
De son côté, l’Égypte a estimé que la trêve représentait une « opportunité très importante » qu’il fallait saisir pour ouvrir la voie aux négociations. Le Caire a également appelé à un arrêt total des opérations militaires et au respect de la liberté de navigation internationale.
Le ministère égyptien a indiqué poursuivre ses efforts avec le Pakistan et la Turquie afin de renforcer la sécurité et la stabilité régionales. Il a aussi souligné que les discussions entre les États-Unis et l’Iran devront tenir compte des préoccupations légitimes des pays du Golfe.
À Oman, le ministère des Affaires étrangères a salué l’annonce et remercié le Pakistan ainsi que les autres acteurs ayant contribué à l’appel à la fin des combats. Mascate a insisté sur l’urgence de traiter les causes profondes de la crise pour parvenir à une cessation durable des hostilités.
Israël, l’ONU et plusieurs capitales saluent la trêve
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit soutenir la décision de Donald Trump de suspendre les frappes contre l’Iran, ainsi que l’effort américain visant, selon lui, à empêcher Téhéran de représenter une menace nucléaire, balistique et terroriste pour les États-Unis, Israël, les voisins arabes de l’Iran et le monde.
Netanyahu a toutefois précisé que le cessez-le-feu ne concernait pas le Liban, où les forces israéliennes mènent une offensive terrestre et affrontent le Hezbollah, allié de l’Iran.
À New York, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à respecter les termes de la trêve afin d’ouvrir la voie à une paix durable et globale dans la région. Selon son porte-parole, il a insisté sur l’urgence de mettre fin aux hostilités pour protéger les civils et réduire les souffrances humaines.
Guterres a également remercié le Pakistan et les autres pays impliqués dans la facilitation de l’accord.
Le Japon a, lui aussi, salué ce développement. Le secrétaire général du cabinet, Minoru Kihara, a qualifié cette pause de deux semaines de « mouvement positif », tout en attendant un accord final. Tokyo a rappelé que la désescalade au Moyen-Orient reste une priorité.
Des réactions en Asie-Pacifique, en Europe et au-delà
En Indonésie, le ministère des Affaires étrangères a exprimé son soutien au cessez-le-feu et appelé l’Iran comme les États-Unis à respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et la voie diplomatique. Jakarta a aussi réclamé une enquête approfondie sur la mort de trois Casques bleus indonésiens de l’ONU, tués par des explosions au Liban à la fin du mois de mars.
La Malaisie a estimé que la trêve constituait une avancée significative vers l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. Kuala Lumpur a exhorté l’ensemble des parties à appliquer de bonne foi toutes les clauses de l’accord et à éviter tout geste provocateur susceptible de fragiliser davantage la stabilité régionale.
En Australie, le Premier ministre Anthony Albanese et la ministre des Affaires étrangères Penny Wong ont salué l’annonce dans une déclaration commune. Ils ont mis en garde contre les effets de la fermeture de facto du détroit d’Ormuz et les attaques contre les navires commerciaux, les infrastructures civiles ainsi que les installations pétrolières et gazières.
Les responsables australiens ont souligné que plus le conflit dure, plus son impact sur l’économie mondiale s’alourdit, tout comme son coût humain.
En Nouvelle-Zélande, le ministre des Affaires étrangères Winston Peters a également accueilli la trêve avec prudence. Il a estimé qu’un travail important restait à accomplir dans les prochains jours pour garantir un cessez-le-feu durable, alors que le conflit continue d’avoir des répercussions bien au-delà du Moyen-Orient.
Berlin, Kiev et d’autres capitales encouragent la diplomatie
En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a salué l’accord et remercié le Pakistan pour son rôle de médiation. Il a indiqué que l’objectif des prochains jours devait être la recherche, par les voies diplomatiques, d’une fin durable à la guerre.
L’Ukraine a elle aussi accueilli favorablement le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a saisi l’occasion pour appeler Washington à faire preuve de la même fermeté face à la guerre menée par la Russie contre son pays.
« La fermeté américaine fonctionne », a-t-il écrit, estimant qu’il était temps d’imposer à Moscou un arrêt des combats et la fin de son offensive.
Dans l’ensemble, ces réactions traduisent un même constat : la trêve ouvre une fenêtre diplomatique réelle, mais fragile. Entre la reprise annoncée des discussions à Islamabad et l’enjeu stratégique du détroit d’Ormuz, la communauté internationale attend désormais des engagements concrets pour transformer ce cessez-le-feu États-Unis Iran en paix durable.