Les échanges autour de l’affaire Epstein et des liens présumés avec Bill et Hillary Clinton se poursuivent à Washington. Les époux Clinton ont refusé de se présenter devant les commissions parlementaires, ouvrant la voie à d’éventuelles poursuites pour entrave au Congrès. « Il ne s’est pas montré aujourd’hui », a regretté devant la presse James Comer, le chef républicain d’une puissante commission à la Chambre des représentants qui enquête sur l’affaire Epstein. « Personne n’accuse Bill Clinton de quoi que ce soit de répréhensible, nous avons seulement des questions », a ajouté l’élu à propos de l’ancien président démocrate de 79 ans. Dans une lettre publiée mardi, le couple affirme que les assignations à comparaître qui leur ont été adressées sont « légalement non valables ». Dans cette missive au ton acerbe, Bill et Hillary Clinton critiquent également le fait que James Comer ait permis à la commission d’annuler les assignations à comparaître de sept autres anciens responsables, en échange de dépositions écrites, alors que l’élu républicain aurait refusé à plusieurs reprises de faire de même pour le couple. « Nous avons essayé de vous donner le peu d’informations que nous avons. Nous l’avons fait parce que les crimes de M. Epstein étaient horribles », affirment-ils.

À Washington, Clinton refusent de se présenter devant le Congrès
Le refus de se présenter s’inscrit dans un contexte de tensions entre le pouvoir législatif et les interrogations sur les liens des Clinton avec Jeffrey Epstein. La commission votera la semaine prochaine pour entamer la procédure d’entrave aux prérogatives du Congrès contre l’ancien président, a affirmé mardi le responsable républicain. Une telle procédure aurait ensuite besoin d’être adoptée par un vote à la Chambre avant de possibles poursuites du ministère de la Justice.
Le document de convocation, selon les informations publiées, évoquait les éléments de l’affaire et les dépositions attendues, alimentant un débat sur la transparence et l’usage des pouvoirs parlementaires.
« De votre propre aveu, vous avez voyagé à bord de l’avion privé de Jeffrey Epstein à quatre reprises en 2002 et 2003 », affirmait la lettre de convocation adressée à Bill Clinton par James Comer.
Procédure d’entrave et cadre légal
La commission affirme qu’une procédure d’entrave pourrait être engagée dans l’objectif d’obtenir des dépositions et des documents supplémentaires, mais que son adoption dépendrait d’un vote à la Chambre. Cette étape est présentée comme une éventualité devant les questions persistantes sur la coopération des témoins, notamment dans le cadre d’enquêtes sensibles sur des figures publiques et des affaires de justice.
Selon les responsables républicains, l’enjeu est de s’assurer que le ministère de la Justice respecte la loi et publie l’ensemble des documents Epstein, y compris tout élément qui les concerne, comme ils l’ont publiquement appelés à faire dans le cadre de l’enquête.
Documents et transparence autour de l’affaire Epstein
Fin décembre, après des mois d’atermoiements, son gouvernement a commencé à publier des milliers de photos, vidéos et textes sur le riche financier. Parmi les photographies publiées, nombreuses montrent Bill Clinton aux côtés d’Epstein ou de Ghislaine Maxwell, condamnée à 20 ans de prison pour son rôle dans l’affaire de trafic sexuel. Mais l’ensemble du dossier n’a pas encore été rendu public comme l’exigeait pourtant une loi promulguée en novembre, et de nombreux fichiers publiés ont été largement caviardés, à l’image d’un document entièrement noirci sur 119 pages. Dans leur lettre mardi, Bill et Hillary Clinton ont critiqué James Comer pour ne pas avoir utilisé selon eux ses pouvoirs de responsable parlementaire pour « forcer le ministère de la Justice à respecter la loi et à publier tous les documents Epstein, y compris tout élément qui (les) concerne, comme (ils ont) appelé publiquement à le faire ».
