Cette grand-messe, le plus important rassemblement du Parti sous l’égide du dirigeant Kim Jong Un, est souvent utilisée pour annoncer des décisions politiques et des changements à la haute direction. Le Parti des travailleurs a annoncé qu’il tiendrait fin février son 9e congrès à Pyongyang. Ce rendez-vous doit définir les orientations nationales, y compris sur le nucléaire, une question ultra sensible pour le régime.
Depuis la dernière réunion en 2021, Pyongyang a déclaré son statut irréversible de puissance nucléaire et l’a inscrit dans sa Constitution. Le pays s’est aussi rapproché de la Russie, apportant un soutien militaire et matériel dans le cadre de l’effort de guerre en Ukraine. En échange, les analystes évoquent une aide financière, alimentaire et énergétique ainsi que des technologies militaires.
Fin janvier, Kim Jong Un a déclaré que le congrès permettrait de clarifier les plans pour renforcer la force de dissuasion nucléaire, malgré les lourdes sanctions internationales. Outre l’aspect militaire, la rencontre donnera aussi l’occasion de présenter les politiques économiques. En 2021, Kim avait reconnu que presque tous les secteurs avaient échoué à atteindre les objectifs économiques; cette fois, il devrait aborder rapidement cet aspect, car peu de choses ont été faites pour améliorer la situation.
Sur le plan diplomatique, le Nord refuse de rouvrir le dialogue avec le Sud, le jugeant comme l’ennemi le plus hostile. Les espoirs de contacts avec les États-Unis se sont affaiblis après les sommets de 2018 et 2019; le président américain avait proposé une rencontre lors d’une visite en Corée du Sud en octobre, mais sans réponse. Séoul et Washington réaffirment leur volonté d’obtenir une dénucléarisation complète et de coopérer sur la fabrication de sous-marins à propulsion nucléaire pour le bénéfice du Sud.
Le congrès est attendu comme un jalon dans l’évolution du régime, en particulier sur la manière dont il conjugue dissuasion nucléaire et développement intérieur.