L’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, survenu lors de la Saint-Sylvestre, met en lumière des questions sur la conservation des enregistrements de vidéosurveillance. Les premières informations indiquent que 40 personnes sont mortes et 116 ont été blessées. Des caméras publiques dans la station sont décrites comme essentielles pour l’enquête, mais une part des enregistrements nocturnes aurait été effacée, selon plusieurs sources. Les autorités insistent sur les procédures en vigueur et les délais de conservation, et les propriétaires du bar font l’objet d’un examen de responsabilité.
Crans-Montana: des images de vidéosurveillance effacées avant l’enquête
Selon l’enquête relayée par Neue Zürcher Zeitung (NZZ) et reprise par d’autres médias, une grande partie des enregistrements de la nuit de l’incendie aurait été effacée. La police locale n’aurait conservé que les images du 1er janvier, entre minuit et 6 heures. Le commandant Yves Sauvain affirme ne plus avoir accès à ces enregistrements, et le Ministère public aurait été informé de la disparition des données.
Le cadre légal valaisan prévoit l’effacement automatique des images après sept jours, « à moins qu’elles ne doivent être utilisées à des fins d’enquête ». Une recommandation du préposé à la protection des données précise que, en cas d’infraction pénale, les données doivent être détruites au plus tard après 100 jours.

Une confusion et des délais dans l’accès aux enregistrements
Selon les médias, notamment NZZ et Il Giornale d’Italia, la demande du parquet de Sion pour accéder à certaines images a été reçue le 15 janvier, alors que les enregistrements concernés avaient déjà été supprimés. Des sources italiennes rapportent que les heures entre minuit et 6 h du 1er janvier pourraient ne pas être accessibles.
La reconstitution de la nuit dramatique s’avère plus difficile que prévu: les autorités prennent conscience que les heures d’enregistrements manquent, ce qui limite les éléments de vérification des faits. La conservation des images reste au cœur des questionnements sur la procédure.

Procédure judiciaire et situation des propriétaires
Jacques Moretti et son épouse Jessica Moretti ont été mis en examen pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Jacques Moretti a été remis en liberté le 23 janvier contre une caution de 215 000 € payée par un homme d’affaires ami du couple; Jessica Moretti est restée libre depuis le début de l’affaire. Des mesures restrictives visent à limiter les risques de fuite.
Lors de sa première audition, Jacques Moretti aurait déclaré: « À ce moment-là, le système s’est bloqué. Je ne peux plus le réinitialiser ».