Après plus de 29 heures d’obscurité, Cuba a reconnecté l’ensemble de son réseau électrique et remis en service sa plus grande centrale thermique, ont annoncé des responsables de l’énergie, mettant fin à une panne nationale qui a paralysé l’île. Cette panne électrique Cuba a plongé les 11 millions d’habitants dans le noir et soulève de nouvelles inquiétudes sur la capacité du pays à produire suffisamment d’électricité face à des pénuries de carburant persistantes.
Le réseau reconnecté
Les autorités ont indiqué que le réseau national était entièrement rétabli mardi soir, vers 18h11 (22h11 GMT). Toutefois, elles ont prévenu que des coupures localisées pouvaient se poursuivre, faute de production électrique suffisante pour couvrir la demande.
Il s’agit du premier effondrement à l’échelle nationale depuis que des mesures étrangères ont contribué à réduire l’approvisionnement en pétrole du pays, accentuant la fragilité d’installations vieillissantes.
Retour en service de la centrale Antonio Guiteras
Les équipes du réseau ont réussi à remettre en route la centrale Antonio Guiteras, un mastodonte énergétique qui soutient historiquement le système électrique cubain. La relance de cette centrale, vieille de plusieurs décennies, a été un élément clé pour rétablir l’alimentation à grande échelle.
Malgré cette reprise, les responsables admettent que la production reste insuffisante et que la gestion des ressources demeure un défi majeur pour éviter de nouvelles pannes.
Pénuries de carburant et tensions diplomatiques
Les autorités américaines ont récemment réduit les ventes de pétrole à Cuba et intensifié leur discours à l’encontre de l’île, évoquant la possibilité d’autres mesures visant à limiter l’accès aux carburants. Cette pression internationale intervient alors que l’approvisionnement en hydrocarbures de Cuba est sensiblement réduit.
Un responsable du département d’État américain a imputé l’effondrement du réseau à des défaillances de la gestion nationale, tandis que le président cubain Miguel Díaz-Canel a répliqué sur les réseaux sociaux, dénonçant des menaces répétées et l’intention, selon lui, de s’emparer des ressources et de l’économie du pays.
Coupures récurrentes et conséquences quotidiennes
Avant même cette panne majeure, de nombreux foyers subissaient déjà des coupures quotidiennes prolongées, parfois supérieures à 16 heures. Les faibles volumes de carburant disponibles et des centrales obsolètes expliquent en grande partie ces désagréments répétés.
Les habitants décrivent l’impact sur la vie courante : perturbation de l’approvisionnement en eau et en nourriture, contraintes sur les activités domestiques et accroissement du stress. « On fait ce qu’on peut, on attend et on s’adapte », confie une résidente de La Havane, résumant la résilience quotidienne de la population.
Négociations en cours et incertitudes
Des pourparlers entre Cuba et les États-Unis ont été ouverts pour tenter d’apaiser la crise, sans que des détails concrets n’aient été rendus publics. Washington a laissé entendre que La Havane chercherait activement un accord pour atténuer la situation.
Pour l’heure, la remise en service du réseau apporte un soulagement immédiat, mais la fragilité structurelle du système électrique cubain et les contraintes d’approvisionnement en carburant laissent planer le risque de nouvelles perturbations dans les semaines à venir.