La directrice départementale de la police nationale des Landes, Agnès Mazin-Bottier, a été démise de ses fonctions après un acte de désobéissance présumé lors d’un rassemblement d’agriculteurs à Mont-de-Marsan le 11 janvier. Le préfet des Landes, Gilles Clavreul, affirme avoir demandé l’interpellation de certains participants et la commissaire aurait jugé qu’il n’y avait pas de trouble à l’ordre public et n’a pas procédé. Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) dénonce des instructions « à la limite de la légalité » et appelle au dialogue, tandis que la préfecture affirme avoir agi dans le cadre du droit et du maintien de l’ordre. Mazin-Bottier s’est mise en retraite anticipée, selon la préfecture.

À Mont-de-Marsan, le 11 janvier, une chaîne devant la préfecture
Le 11 janvier, lors d’une manifestation d’agriculteurs devant la préfecture des Landes à Mont-de-Marsan, des chaînes furent attachées autour des grilles. Le préfet aurait ordonné l’interpellation, mais Agnès Mazin-Bottier estimerait qu’il n’y avait ni trouble à l’ordre public et ni dégradation et n’a pas procédé. Selon BFMTV, le message ‘je vous retire votre commandement’ aurait été adressé à la commissaire, selon le SCPN et des sources proches de l’administration.
Réactions et communications officielles
Le préfet des Landes a diffusé un communiqué dénonçant des « inexactitudes ou omissions » dans les versions circulant sur les réseaux sociaux et rappelant que lors de la manifestation non déclarée, des chaînes furent posées et qu’une instruction avait été donnée à la commissaire. Le texte précise que cette instruction n’a pas été suivie d’effet et ne mentionne aucun risque ou impossibilité d’agir. Le SCPN réplique que la décision est « illégale », « arbitraire » et « méprisante », et rappelle que le dialogue doit primer sur l’usage de la force.
Suite et conséquences
Agnès Mazin-Bottier a annoncé sa retraite anticipée, selon la préfecture, après 36 ans d’ancienneté. Le SCPN a demandé une réunion avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez début février pour discuter du cas et dénoncer les comportements et l’immixtion de plus en plus forte de certains préfets dans le maintien de l’ordre, selon les sources du syndicat. Sur le terrain, Frédéric Lauze, secrétaire général du SCPN, affirme que « Les agriculteurs ne sont pas des black blocs, ce sont des interlocuteurs respectables, souvent connus des policiers. On privilégie toujours le dialogue », et rappelle que Nuñez avait demandé aux préfets de privilégier le dialogue à l’usage de la force pendant les manifestations agricoles.