Accueil ActualitéDépôt irakien de cartes maritimes à l’ONU : protestations du Golfe

Dépôt irakien de cartes maritimes à l’ONU : protestations du Golfe

par Sara
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Bagdad a déposé auprès de l’ONU des listes de coordonnées et une carte maritime qui ont déclenché une vive réaction dans le Golfe : le Koweït a formellement protesté et plusieurs États arabes ont réaffirmé leur soutien à sa souveraineté. De son côté, l’Irak défend la légalité de sa démarche et appelle au règlement des différends par le dialogue et la négociation.

Réactions des pays du Golfe

Plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe ont dénoncé l’initiative irakienne, estimant qu’elle porte atteinte à la souveraineté du Koweït sur certaines zones maritimes. Ces capitales ont demandé une résolution pacifique, fondée sur le droit international, et encouragent le recours aux voies diplomatiques.

  • Arabie Saoudite
  • Qatar
  • Émirats Arabes Unis
  • Bahreïn
  • Oman

Arabie Saoudite

Riyad a exprimé une vive préoccupation, estimant que les coordonnées déposées incluent des parties de la zone partagée en mer entre l’Arabie Saoudite et le Koweït, où les deux pays partagent des ressources naturelles selon des accords en vigueur.

Le gouvernement saoudien a réaffirmé son rejet de toute prétention qui remettrait en cause les droits reconnus au Koweït dans la zone délimitée et a appelé l’Irak à respecter la résolution 833 du Conseil de sécurité de 1993 et les principes du bon voisinage.

Qatar

Doha a déclaré sa solidarité entière avec le Koweït, soutenant la pleine souveraineté koweïtienne sur ses zones maritimes et ses hauts-fonds. Le Qatar a rappelé l’importance du respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 et des accords bilatéraux existants entre Koweït et Irak.

Émirats Arabes Unis

Abu Dhabi a exprimé son soutien sans réserve au Koweït et son rejet de toute atteinte à sa souveraineté ou à ses intérêts nationaux. Les Émirats ont appelé Bagdad à traiter la question de manière responsable et à privilégier le dialogue constructif par les canaux diplomatiques.

Bahreïn

Manama a souligné son attachement à la souveraineté entière du Koweït sur ses eaux territoriales et hauts-fonds, refusant toute revendication émanant d’autres parties. Le gouvernement bahreïni a invité l’Irak à tenir compte des relations historiques entre les deux pays et à agir conformément aux règles du droit international.

Oman

La position omanaise s’est voulue équilibrée : Muscat a manifesté sa solidarité avec la souveraineté koweïtienne, tout en appelant au respect des accords bilatéraux et des principes du droit de la mer. La diplomatie omanaise a aussi exhorté à privilégier le dialogue entre les parties.

Réponse du Koweït

Le Koweït a convoqué le chargé d’affaires irakien et lui a remis une note de protestation officielle, affirmant que les coordonnées et la carte déposées portent atteinte à des zones maritimes stables et non contestées.

Les autorités koweïtiennes ont réaffirmé leur attachement au droit international et à la Convention de 1982, en demandant à l’Irak de respecter les accords et les compréhensions bilatérales existants.

Position de l’Irak

Bagdad défend son dépôt auprès de l’ONU en s’appuyant sur des lois nationales et sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, estimant que la délimitation des espaces maritimes relève de sa souveraineté.

Les autorités irakiennes ont également souligné que le règlement des différends passe par la négociation et le dialogue, en invitant au recours aux voies diplomatiques pour trouver une solution mutuellement acceptable.

Contact diplomatique avec Oman

Le ministre irakien des Affaires étrangères a eu un entretien téléphonique avec son homologue omanais au cours duquel plusieurs dossiers régionaux ont été abordés, y compris la réaction koweïtienne au dépôt de la carte maritime.

Bagdad a rappelé que le Koweït avait auparavant déposé ses propres cartes en 2014 sans consultation, et a insisté sur l’importance de résoudre les différends par la négociation bilatérale.

Le dossier frontalier et les précédents

Les frontières terrestres entre l’Irak et le Koweït, d’une longueur de 216 kilomètres, ont été tracées par une commission internationale selon la résolution 833 du Conseil de sécurité en 1993, bien que Bagdad ait exprimé des réserves à l’époque.

La résolution prévoyait également la répartition des eaux du Khor Abdallah entre les deux pays, ratifiée par l’Irak en novembre 2013. Toutefois, en 2023, la plus haute juridiction irakienne a annulé la ratification parlementaire d’un accord de navigation sur le Khor, soulignant des enjeux internes liés à la procédure d’approbation des traités.

Le Koweït demande l’achèvement de la délimitation maritime conformément aux normes et conventions internationales, position soutenue par les États du Golfe. Dans ce contexte, le dossier des cartes maritimes Irak reste une source de tension nécessitant de rapides consultations diplomatiques.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/23/%d8%aa%d9%88%d8%aa%d8%b1-%d8%af%d8%a8%d9%84%d9%88%d9%85%d8%a7%d8%b3%d9%8a-%d8%ae%d9%84%d9%8a%d8%ac%d9%8a-%d8%a8%d8%b9%d8%af-%d8%a5%d9%8a%d8%af%d8%a7%d8%b9-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%b1%d8%a7%d9%82

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