Des citoyens français exposés aux pesticides ont décidé de saisir le tribunal administratif après n’avoir reçu aucune réponse de l’État concernant leur demande d’indemnisation. Cette action, qui fait suite à une première démarche collective, est portée par le cabinet de l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement.
Une nouvelle salve de plaignants
Au printemps dernier, ces plaignants avaient déjà initié une action collective pour revendiquer une indemnisation. Après l’envoi d’une lettre à l’État, ils n’ont pas obtenu de réponse dans le délai légal de deux mois, ce qui a conduit à la poursuite de leur initiative. Récemment, une quinzaine de nouveaux citoyens se sont joints à l’action, et une nouvelle série de demandes sera envoyée aux ministères dans les jours à venir. Parallèlement, un troisième groupe de plaignants, également composé d’une quinzaine de citoyens, se forme pour déposer une demande d’indemnisation dans les mois à venir.
Des témoignages poignants
Yolaine Bertho, retraitée vivant en Loire-Atlantique, fait partie des nouveaux plaignants. Elle témoigne de l’absence de respect des distances de sécurité par rapport aux champs agricoles : « On projette chez moi énormément de pesticides. J’aimerais bien pouvoir être indemnisée. J’ai fait toutes les démarches possibles et imaginables et rien ne bouge. Donc je m’adresse directement à l’État », explique-t-elle, évoquant ses problèmes de santé, notamment des maladies respiratoires.
Une demande d’égalité
Madeleine Babès, l’avocate représentant les plaignants, souligne que l’État a une obligation d’indemnisation, tout comme pour les agriculteurs, qui bénéficient depuis 2022 d’un fonds d’indemnisation pour les maladies professionnelles. Elle déclare que la demande de ses clients n’est que « la reconnaissance de leur statut légitime, une simple application du principe d’égalité ». L’action vise à faire reconnaître que l’État ne protège pas suffisamment les citoyens face aux risques liés aux pesticides.
Madeleine Babès précise que de nombreuses demandes affluent sur la plateforme mise en place par son cabinet, avec des plaignants provenant de tout le territoire français.
