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    Élections du Rwanda parcours démocratique face aux doutes occidentaux

    ## Élections du Rwanda : un parcours démocratique face aux doutes occidentaux

    Le processus démocratique de chaque nation s’adapte à ses contextes politiques et historiques, et la démocratie rwandaise ne fait pas exception à cette règle. Lors des prochaines élections générales prévues pour le 15 juillet, le peuple rwandais se rendra aux urnes pour élire son président et ses représentants parlementaires. Il est largement anticipé que le président actuel, Paul Kagame, remportera une victoire écrasante. Il est devenu président pour la première fois en 2000, après que le Front patriotique rwandais, sous sa direction, ait mis fin au génocide.

    Les analystes, journalistes et universitaires occidentaux remettent en question les élections rwandaises, estimant qu’elles doivent être « contrôlées » car, de leur point de vue, aucun président d’une prétendue démocratie n’a été élu avec plus de 90 % des voix. Les critiques affirment qu’il n’y a pas de « véritable opposition » au Rwanda et que l’élection d’un président avec 90 ou 95 % des voix ne peut pas être considérée comme un signe de bonne gouvernance, comme l’a souligné un journaliste de France 24 lors d’une récente interview avec Paul Kagame. En réponse, Kagame a déclaré : « Pourquoi s’inquiéter si quelqu’un est élu avec 90 ou 95 % des voix, si c’est ce que son environnement et son contexte permettent ? Après tout, c’est ce contexte qui décide. »

    S’amusant avec des amis rwandais au sujet de ce que les critiques appellent « l’absence d’opposition », ces derniers répondaient ironiquement : « Mais que peut-on réellement contester dans notre pays… les soins de santé universels, l’éducation gratuite, l’accès à l’enseignement, l’emploi, les quotas parlementaires pour les femmes et les personnes handicapées, le développement économique, la politique environnementale durable, la force de l’État en général, l’accès à Internet, la sécurité nationale… ? »

    Les réalisations sociales et économiques citées par mes amis rwandais ne doivent pas être ignorées, car le Rwanda est sorti des cendres du génocide de 1994 et a atteint en seulement 30 ans un niveau élevé d’égalité en matière de services, surpassant de nombreux autres pays dans le monde, y compris les nations développées du Nord.

    Plus important encore, après avoir vécu ce que certains ont qualifié de « génocide de proximité », où voisins tuaient voisins, professeurs tuaient élèves, époux tuaient épouses, mères tuaient leurs enfants, les Rwandais ont réussi, grâce à un leadership et une gouvernance efficaces, à reconstruire leur nation sur l’unité et la réconciliation. Les victimes et les bourreaux ont appris à cohabiter à nouveau, reconstruisant leur avenir ensemble à travers un effort collectif.

    La stigmatisation du Rwanda a été une caractéristique commune des reportages occidentaux sur l’Afrique au cours des 60 dernières années, présentant souvent les dirigeants africains post-coloniaux qui ne se conforment pas à des normes démocratiques occidentales spécifiques comme des « dictateurs ».

    Mais quel est exactement le critère occidental de la démocratie, et dans quelle mesure le Rwanda, avec son histoire unique de tragédie et d’injustice, devrait-il suivre un modèle démocratique occidental unique qui convient à tous ?

    En tant que citoyenne du monde ayant vécu dans cinq démocraties différentes sur trois continents, je considère que les critiques occidentaux des élections rwandaises ignorent que les démocraties évoluent à travers des contextes spécifiques.

    En fait, les observateurs occidentaux des affaires rwandaises ont tendance, en raison de leurs préjugés racistes implicites ou explicites, à ignorer le fait que même en Occident, il n’existe pas une seule démocratie qui convienne à tous. Comme l’a souligné Paul Kagame au cours de cette campagne présidentielle, la démocratie réside dans la liberté de choix.

    Un exemple frappant de ce principe est apparu lors des élections présidentielles françaises de 2002. À l’époque, j’avais 22 ans, et c’était ma première opportunité de voter. J’avais obtenu la citoyenneté française après avoir fui la Bosnie déchirée par la guerre en 1992, une région de l’ex-Yougoslavie, et j’étais généralement en faveur de la gauche progressiste.

    Bien que Le Pen, un candidat d’extrême droite opposé aux immigrants et xénophobe, avait accédé au second tour face au président de l’époque, Jacques Chirac, un centriste de droite dans le spectre politique français. Pour moi, une ancienne immigrée, comme la plupart de ceux de ma génération, j’étais du côté de la gauche progressiste.

    Alors que Le Pen, un candidat anti-immigrés et xénophobe, était en compétition contre Chirac, connu pour critiquer les immigrants qu’il accusait de « profiter » du système de sécurité sociale français « aux dépens des citoyens français », ces élections ont été un appel à la mobilisation du peuple français, de tous bords politiques, pour vaincre un possible gouvernement fasciste dirigé par Le Pen. Chirac a remporté les élections avec un pourcentage de 82,21 %, un résultat que le journaliste de France 24, Marc Perelman, pourrait considérer comme « non sain », mais le monde occidental a ressenti un soulagement et a célébré chaudement la victoire de Chirac.

    Les élections françaises de 2002 n’étaient qu’un exemple parmi tant d’autres de la manière dont la démocratie prend forme en fonction du contexte. Les mêmes idéologies fascistes contre lesquelles les Français ont voté en 2002 ont conduit au génocide d’un million de Rwandais en 1994. Ces idéologies persistent, promues par des individus comme Victoire Ingabire que ces mêmes critiques occidentaux appellent « l’opposition ». Ainsi, lorsque Paul Kagame est élu avec plus de 90 % des voix, cela représente une question de vie ou de mort pour le peuple rwandais qui, à travers son libre choix, opte pour l’unité, la réconciliation et la sécurité, plutôt que pour la division et la haine.

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