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Au 1 462e jour de la guerre en Ukraine, les combats se poursuivent sur plusieurs fronts tandis que la diplomatie et les sanctions internationales continuent d’évoluer. Les bilans font état de pertes civiles importantes et d’attaques à la fois par des forces russes et ukrainiennes, dans un contexte d’accusations réciproques et de tensions croissantes entre acteurs internationaux.
Bilan des combats et victimes
La Mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine a confirmé au moins 15 172 civils tués et plus de 41 000 blessés depuis le début de l’invasion à grande échelle le 24 février 2022. Toutefois, l’organisation rappelle que le nombre réel est probablement bien plus élevé en raison des difficultés d’accès et de vérification des incidents.
Sur le terrain, plusieurs régions ont été frappées ces dernières heures, provoquant morts, blessés et dégâts matériels. Voici les principaux faits rapportés :
- Dans la communauté de Pokrovske, région de Dnipropetrovsk, une attaque russe a fait deux morts et cinq blessés, a indiqué Oleksandr Hanzha, chef de l’administration militaire régionale, via Telegram.
- La région de Zaporizhia, en première ligne, a subi 918 frappes sur 36 localités ; le gouverneur Ivan Fedorov y a rapporté un mort et six blessés.
- Des bombardements sur la région de Kherson ont tué une personne et blessé cinq autres, en endommageant notamment deux immeubles résidentiels et un gazoduc, selon le gouverneur Oleksandr Prokudin.
- L’aviation ukrainienne a signalé que des attaques nocturnes russes comprenaient 133 drones et un missile balistique Iskander-M ; Kiev affirme avoir abattu 111 drones pendant ces frappes.
- Du côté russe, les médias d’État ont rapporté des attaques attribuées à l’Ukraine dans les régions de Belgorod et Briansk, faisant au total deux morts selon ces sources, et causant des dégâts importants aux infrastructures énergétiques de Belgorod avec des pannes d’eau, d’électricité et de chauffage.
- Les autorités russes ont déclaré avoir abattu 152 drones ukrainiens lors d’attaques nocturnes, un chiffre avancé par le ministère russe de la Défense et relayé par l’agence TASS.
Les zones occupées de Kherson et de Louhansk font également l’objet d’attaques réciproques, avec des bilans variables selon les autorités ukrainiennes et russes, illustrant la difficulté à établir des confirmations indépendantes sur le terrain.
Politique et diplomatie
À l’Assemblée générale de l’ONU, 107 pays ont voté en faveur d’une résolution non contraignante appelant à une « paix durable » en Ukraine. Cinquante et un États se sont abstenus, dont les États-Unis, et douze ont voté contre, parmi lesquels la Russie.
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré, dans un discours télévisé, que l’Ukraine et ses alliés se poussaient « au bord du précipice » et qu’ils regretteraient leurs actions, accusant également Kiev, avec l’appui de services de renseignement occidentaux, de menacer des oléoducs et de saboter les négociations de paix.
De son côté, l’ambassadrice ukrainienne à Washington, Olha Stefanishyna, a indiqué que le département d’État américain avait conseillé à l’Ukraine de s’abstenir d’actions affectant des intérêts économiques américains après des frappes ukrainiennes sur le port russe de Novorossiysk ayant touché des intérêts pétroliers américains. Elle a précisé que cette démarche ne visait pas à décourager des frappes contre des infrastructures militaires ou énergétiques russes en général.
Sur le plan européen, la visite à Kyiv du président du Conseil européen, António Costa, et de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a donné lieu à des promesses d’avancées dans le processus d’adhésion et d’un soutien financier important. Von der Leyen a assuré que le prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine serait délivré « d’une manière ou d’une autre », alors qu’il reste bloqué par certains États membres.
Par ailleurs, le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué le rôle potentiel de la Chine pour influencer la Russie lors d’un déplacement à Pékin. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé la guerre comme « une tache sur notre conscience collective » et a renouvelé son appel à un cessez-le-feu immédiat.
Enfin, l’ambassade américaine à Kyiv a indiqué que le président Donald Trump restait engagé en faveur d’un règlement négocié et d’une paix durable, avec les États-Unis comme partenaire. Kiev a par ailleurs rejeté les allégations russes prétendant que l’Ukraine chercherait à obtenir des armes nucléaires avec l’aide du Royaume-Uni et de la France, qualifiant ces accusations de fabrication et de « vieille rhétorique » mensongère.
Sanctions et mesures économiques
Sur le front des sanctions, le Royaume-Uni a annoncé près de 300 nouvelles mesures ciblant les recettes énergétiques russes, y compris les exportations pétrolières et les fournisseurs d’équipements militaires, selon la secrétaire d’État aux Affaires étrangères Yvette Cooper.
L’Australie a également ciblé les importations d’énergie d’origine russe, notamment les gaz de pétrole, le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés, indiquant vouloir réduire la capacité de la Russie à financer sa guerre.
Ces nouvelles vagues de sanctions s’inscrivent dans une stratégie coordonnée par plusieurs capitales pour accroître la pression économique sur Moscou, alors même que le conflit reste marqué par des combats intenses et des pertes civiles importantes.